‹ La fiancée. L'officier de FortuneChapitre 7 sur 96 · CHAPITRE îî · texte numérisé non relu

CHAPITRE îî

Non, nous n'avons encore (riomphé qu'à demi. C'est peu d'avoir vaincu, terrassé l'ennemi;

Nous t'.'cuvcrons eu lui toujours un adversaire

Shakspkare. Henri VI, part. II.

ANS une gorge des montagnes qui s'élèvent au milieu des plaines fertiles du Lolhian oriental % existait autrefois un château considérable dont on n'aperçoit plus aujourd'hui ^^^ que les ruines. Ses anciens propriétaires étaient une race "à WÂ. de barons puissants et belliqueux , nommés Ravensv*ood f nom qui était aussi celui du château. Leur famille remontait à une très-haute antiquité, et était alliée aux Douglas, aux Humes, aux Swintons, aux Hays et aux plus nobles familles du pays. Leur histoire se confondait souvent avec celle de l'Ecosse , dont les annales consacrent leurs hauts faits. Le château de Ravenswood occupait et, jusqu'à un certain point, commandait un défilé qui séparait le Lothian et le comté de Berwick, ou le Merse, comme on nommait alors la province d'Ecosse située au sud-est. C'était une place importante en temps de guerre étrangère ou de discorde intestine. Elle fut souvent assiégée avec ardeur, et défendue avec opiniâtreté : ce qui devait naturellement assurer à ses propriétaires une place distinguée dans l'histoire.

Mais tout a ses révolutions dans ce globe sublunaire, et cette maison avait subi les siennes. Elle déchut considérablement de sa splendeur vers le milieu du dix-septième siècle ; et, à l'époque de la révolution qui fit perdre le trône de la Grande-Bretagne à Jacques II , le dernier propriétaire du château de Ravenswood se vit obligé d'aliéner l'ancien manoir de sa famille, et de se ret^^ier dans une tour solitaire dont les

Page 1