LES CAMPAGNES
Les chemins vicinaux. — Les chemins vicinaux ne sont jamais en bon état ; ils sont remplis de mares d’eau croupissante, de larges fondrières. En 1745, le
Procureur syndic de Lesneven déclare « que le pavé
de ses rues est devenu impraticable à pied, à cheval, et en toutes voitures ».
Les chemins de traverse «sont sous la garde des Seigneurs qui sont tenus d'employer à leur réparation les deniers de leurs amendes ». En 1643, un arrêt avait porté que « les lieux qui ne se peuveut déssé-
P. Benoit u, 2
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cher et rendre accessibles par l’évacuation des eaux, seront pavés aux frais des paroisses voisines qui s’en servent ». Mais ces arrêts ne sont jamais observés et
les bourbiers continuent comme par le passé à exha-
ler, été comme hiver, une odeur infecte. : 1 Les règlements ne sont pas mieux observés en ce
qui concerne les chemins qui traversent les bourgs et les villes et M. de Flesselles écrit « on voit les tra versées des bourgs dans presque toute leur étendue remplie de fumiers qui y entretiennent l'humidité et la malpropreté. Les fossés qui servent à écouler les eaux sont interrompus par autant de comblements
qu’il se trouve de pièces riveraines ».
Les Cimetières. — Dans les campagnes, une erreur grave et parfois terrible est commise dans l’établisse ment du cimetière toujours placé en plein milieu du village, autour de l'Eglise et où, malgré les décrets régissant les inhumations, décrets dont l'observation doit être surveillée par le sacristain, il est courant de voir les cadavres à fleur de terre, entassés les uns
sur les autres, dans des cimetières trop petits et « exhalant en été pendant.les grandes chaleurs, dans les autres saisons après les pluies, des miasmes putrides ».
Dans presque toutes les paroisses, aucun compte … ne fut tenu de l'ordonnance royale du 15 mai 1776 prescrivant de transporter les cimetières hors de l’enceinte des villes et des villages.
— 19 —" Les Eglises. — Une autre coutume regrettable est là encore à signaler : c’est l’inhumation dans les Eglises,
des corps des ecclésiastiques et de maints Pegheurs et riches bourgeois. |
Les corps des pauvres, désireux d’être enterrés
aussi près que possible de l'Eglise, sont entassés au pied des murs et, en 1772, le subdélégué de Morlaix
écrit : «qu’on a ici une sorte de fureur d’inhumer le plus près possible des Eglises et d'ouvrir les tombes Pune à côté de l’autre, ce qui donne lieu à-des exhalations pestilentielles ». |
En temps d’épidémie, l’entassement des cadavres transforme les églises en foyers de putréfaction. Malgré l'infection, les paysans continuent d’y affluer et chaque office amène une recrudescence du fléau.
Ici encore, une ordonnance de 1796, portant sur l’exhumation des corps ensevelis dans les églises ne fut pas observée.
Les Habitations. — Les maisons qu’habitent les paysans sont humides, placées dans le sol le plus bourbeux de leur manoir, environnées de fumiers, avec des portes et des fenêtres mal closes. Les puits. où ils prennent leur eau de boisson « se trouvent souvent au milieu de cours remplies de fumier et ‘égouts des étables et écuries ». Les appartements sont mal aérés et petits.
Les habitants couchent dans des lits-clos, ces lits faits comme des armoires « et tout aussi clos, dit le
subdélégué, où l’air ne circule pas et dans lesquels