‹ La figurante, comédie en trois actes (volume 2)Chapitre 23 sur 80 · ACTE FREMI ICK · texte numérisé non relu

ACTE FREMI ICK

FIl\Ni;0[SE, dont les siagloU redoubleiil.

Je deviendrais folle!... j'ai passé la nuit à nie rouler... à mordre le tapis de m i chambre pour ne pas crier.

THKODOUE, l'cnibrassanl.

M<i chère petite enfant... ('/est (ini! Assez de larmes!.. Ne nous laissons pas surprendre! Ainsi, tu ne t'attendais à rien:'

M. de Renneval n'était plus le même quand nous causions devant témoins. Instinctivement je me cuirassais de banalité pour endormir toute jalousie... 3Iais je n'avais qu'un vague soupçon... je ne comprenais pas toutl...

Elle se remet à pleurer.

THÉODORE

Je voudrais tant te consoler et j'ai peur d'être maladroit, car mon vieux cœur n'a plus la faculté de souiïrir avec la même intensité que le tien. En revanche ton jeune cœur renferme l'espérance!...

FRANÇOISE, ironifiue.

Je ne m'en doutais pas !

As-tu constaté une birricrc infranchissable? Devient-il absolument impossible que tu sois aimée?

FRANÇOISE, hcsitanl.

Non!... (ausiicace.) Toute réflexion faite... (sa ûgMvc s'éclaire.) Au contraire...

3(J LA ri GLUANTE

THÉODORE

C'est bien ce que je pensais!... Franroise, oublie un instant ton infortune pour toccupcr un peu de moi. 11 est utile que tu saches où j'en suis, pour comprendre où j'ai idée de te conduire. Tâche d'abord de ne pas trop comparer l'àme d'un vieillard de soixante-dix ans à la tienne. A la veille d'être jugé soi-même, on est plus préoccupé de justice que de vengeance... J'ai commis la faute d'épouser une fenune jeune, quand mes cheveux blancs commandaient la solitude. J'ai résolument supporté les conséquences de ma faute, en y mettant môme une certaine bonté. Mais un membre de l'Institut n'est pas bon de la même manière que le bon Samaritain. Au lieu de s'oublier ù, pjanser des plaies, il exerce sur elles ^a manie d'expérimenter. Ma douleur, à supposer que j'aie eu quelque chagrin, s'est tout doucement créé un allégement à vérilier l'angoisse des deux êtres qui poursuivent le bonheur à mes dépens. Rien ne m'échappe de leurs querelles, ni des reproches qu'ils se font l'un à l'autre. J'éprouve une joie malicieuse à semer la discorde, à pjropager le trouble... Tu ouvres de grands yeux?... Est-ce que je l'indigne?

FRANÇOISE

Non, parce que je commence à comprendre.

THÉODORE

Tu saisis le côté intéressant pour toi! J'y viens! Dès le premier jour, j'ai discerné dans la pension-

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