ACTE DEUXIÈME
maines je VOUS supplie de m'expliquer votre brouille avec Guillerand et ne puis obtenir deux lignes à ce sujet.
HENRI
Mes lettres?., d'excellents petits mots... Pas bourrés de considérations politiques comme les vôtres... De vraies lettres sentimentales... (Hélène éclate d'un rire amer.) Que leur reprochez-vous ? c'est moi au contraire, qui ai bien envie de récriminer sur les vôtres. D'un bout à l'autre remplies de chicanes, prenant texte de tout pour se gendarmer, se guinder, me servir une avalanche de doléances...
HÉLÈNE
Pas une fois vous ne m'avez donné le plus mince détail... Un si grand changement venait de s'accomplir, j'avais le droit de savoir ce qui se passait.
HENRI
Dans mon ménage?., mais rien... calme plat... c'était réglé d'avance... A part une phrase de loin en loin, sur la santé de Monneville, me racontiezvous ce qui se passait dans le vôtre?
HÉLÈNE
La plaisanterie n'est pas de bon goût, je vous en préviens.
La plaisanterie n'est jamais de bon goût, quand elle s'adresse à une personne de mauvaise humeur. Vous arrivez mal disposée, je me demande pourquoi ?
84 F. A rimiiANTF,
IIKLKNE.
Non, vous ne voulez pas comprendre que... jalousie à part, j'éprouve un seiitiuicnl étrange à vous savoir avec une autre qui porte votre nom, a les mêmes intérêts, partage vos secrets...
HENUr.
Je comprends fort bien... Il est fAcheux que les douleurs de Monneville vous aient retenue à la campagne plus longtemps que d'habitude... L'absence est un irritant. Restez avec nous, le plus longtemps possible. A'ous êtes ma tante, à présent. Ce titre autorise l'intimité. Habituez-vous à notre intérieur, un beau jour vous serez étonnée de lui être attachée comme nous-mêmes. J'ai passé par là, n'est-ce pas? Vous mariée, et moi au commencement, très susceptible. Est-ce en me confinant à l'écart que j'ai appris à vivre ?..
HÉLÈNE, ironique.
Bons discours... bien étudié !... Il y en a qui seraient touchés de me voir inquiète. Lui proteste contre mon manque d'énergie.
J'admire au contraire votie courage, mais à quoi sert le courage, là où il n'y a pas péril ?.. Avezvous confiance, oui ou non... tout est là! Si je suis fourbe, pas de surveillance possible.
HÉLÈNE
Eh ! c'est précisément ce qu'il y a d'affreux !.. Pas de surveillance possible ! Fourbe !.. L'êtes-