‹ La figurante: comédie en trois actesChapitre 109 sur 198 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

HECTOR

Preuve qu'elle ne t'aime plus... Mais quand tu la trompais, c'était de la passion...

HUBERT

De la passion, celle-là!... Allons doncl... Elle parle de ses filles, du passé, des hommes qui lui ont fait la cour, avec un flegme !... C'en est irritant !... D'abord, nous savons quelle a été sa conduite à Vienne : irréprochable... Si elle avait pour deux liards de cœur, on en aurait vu de belles I

HECTOR

A force d'énergie, elle se dompte au point d'être impassible... Le^stoïcisme n'habite que les âmes passionnées, ér^

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HUBERT

Qu'en sais-tu?... Et puis, où ve«x-tu en venir? A constater que si tout marche à la diable chez moi, j'en suis cause!... Très bien... Mettons que ce soit vrai... Crois- tu que c'est agréable à se dire?... J'ai une conscience, tout comme un autre.

HECTOR

Le cri de ta conscience, c'est que ta femme devrait avoir tous les torts.

HUBERT

Eh bien! oui, là!... D'ailleurs, tu l'admires beaucoup, ma femme... Hier, à dîner, tu la couvais des yeux... Tu l'as trouvé amusant ce dîner?

HECTOR

Au possible!... Ton air gauche contrastait si drôlement...

HUBERT

Avec la spirituelle aisance d'Anna... Sacredié, il fallait l'épouser, puisqu'elle te semble si délicieuse !...

HECTOR

J'ai essayé... Elle t'a donné la palme.

HUBERT

Hein?... Tu l'as demandée en mariage?... Pourquoi m'en avoir toujours fait mystère?...

HECTOR

Au fait, il n'y a plus guère de danger à te le dire : j'ai assiégé ta femme, je l'ai ce qui s'appelle battue en brèche, sans qu'elle ait jamais manifesté la moindre envie de te trahir... Si tu ne m'avais pas laissé croire qu'elle était folle, je l'aurais suivie à Vienne. A l'heure qu'il est, tu serais peut-être moins embarrassé d'avoir tous les torts.

HUBERT, riant.

Gomment, comment, comment!... Ah! je m'explique maintenant bien des petites choses!... Et moi qui t'expédie à Vienne négocier un traité d'alliance!... Pardon de t'avoir rendu un peu ridicule, mon pauvre ami!

HECTOR, riant.

Revanche tardive, âiais légitime!

HUBERT

Ta as dû bien soufifrir?...

HECTOR

Quand ça?... Autrefois?...

HUBERT

Non, la semaine dernière, quand je t'ai proposé de me la ramener.

HECTOR

Pas du tout... je n'ai plus pour elle qu'une amitié pal-

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