‹ La figurante: comédie en trois actesChapitre 130 sur 198 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

l LA DUCHESSE, CLAIRE,

La duchesse entre par la porte du fond. Sa figure est très triste, ses yeux rougis d'avoir pleuré. Claire se retoanM. La dncbesse se précipite et la presse couf ulsivement dans ses bras.

LA DUCHESSE

Ton pauvre frère!

CLAIRS

Plus mal !

LA DOGBCSSC.

Oh oui I On Fenyole dans le Midi, mais il n'en reviendra pas, je le sais.

GLAIRE

Est-ce à ce point?

LA DVCHË9Se<

Les médecins ne lui ont pas ménagé les belles promesses. J'ignore s'il les a crus. Pour moî, je voyais si bien qu'ils mentaient 1 Je les ai suivis jusqu'à la voiture, et au moment où ils me disaient adieu, sur le perron, les pieds dans la neige, dans un endroit où j'étais bien sûre que Robert ne viendrait pas nous surprendre, j'ai exigé la vérité.

GLAIRE

Mais puisqu'on l'envoie dans le Midil...

Il M goMra pas!*.. Ptat*4trt le cUinat de Niée le ptù*

longera-t-il quelques mois... peut-être!... (oéroram ses innues.) Ici, m'ont-ils dit, ce n'est plus qu'une question de jours...

nifl se laisse tomber sur une chaise, la figure dans son mouchoir. Claire, debout devant la cheminée, pleure aussi, mais en restant maîtresse d'elle-môme.

GLAIRE

Je veux encore espérer qu'ils exagèrent.

LÀ DUCHESSE

N'espérons plus qu'en Dieu! ... (un silence.) Ton père, quel coup pour lui !..•

CLAIRE, idchement.

/ Oui, très rude... Mais il trouvera moyen de l'adoucir... f N'a-t-il pas son gibier, sa meute, ses chevaux, que sais-je?

\^ LA DUCHESSE, sârèrement.

Glaire, jamais tu ne laisses .passée. MQe occa sion de di re quelque chose de désagréable pour ton père... Pourquoi?'... Cela ne date pas de loin... Je me souvîenSTomme tu par^ lais de lui avec adoration... D'où vient ce changement si brusque?... D'où?...

GLAIRE, aree embarras.

i Mais non, aucun changement... J'ai^ut-étcôJUinfiLnaturô ; moins expansive que plu& jeune^ voilà tout... Soyez sSve [ que je n'en partage pas moins bien sincèrement la douleur qui attend papa.

Il aura un affreux chagrin, et tu as beau dire, ce n'est

ni avec ses chiens, ni avec ses chevaux qu'il s'en distraira...

D'abord, il aime, beaucoup Robert, et puis... Peut-être

, pourrait- il se consoler, à la rigueur, et encore!... si Robert

1 n'était pas fils unique, s'il avait un frère, pour que le titra

• de duC| le nom, ne s'éteignent pas... TU comprends?...

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