ACTE PREMIER
NICOLAS
Natarellemeat, comme Monsieur m'avait expliqué que c'était pour prendre l'eniànt de mademoiselle Vatrin en nourrice chez nous... Ma femme reniflait un peu de voya-o ger toute la journée par le froid qu'il fait... N'est-ce pas : trois semaines qu'elle est accouchée, elle est encore un peu douillante... Je lui ai dit : c Qu'est-ce que tu veux?... C'est pour un fils à monsieur le duc, faut pas regarder à ses peines...»
LE DUC
Mademoiselle Vatrin vous attendait?
NICOLAS
Tout juste. Il n'y avait pas un quart d'heure qu'elle était [ débarquée de Paris, rapport aux neiges qui ont bloqué les j trains. Et je vous garantis que l'enfant avait faim... Il s'est jeté sur ma femme comme un chien sur la soupe, au respect que je vous dois...
LE DUC
Enfin, il est chez vous... bien portant?
NICOLAS
Oh, ça, monsieur le duc peut y compter I Au coin du feu, tout à rheure, il faisait déjà risette à ma femme.
LE DUC
Alors, qu'est-ce que vous chantez que les choses vont mal!... Il me semble, au contraire, que ça s'est très bien
NICOLAS
Pour le petit, rien ne cloche... La^mère, c'est différent... Quand je lui ai dit que sa chambre était prête, ^u'on lui
n LU FOSSILES.
demandait seulement de prévenir quelques jours d'avance quand elle viendrait» pour avoir le temps de sécher les murs, elle a répondu d'un ton... fallait voirl... qu'elle se passerait de chambre^ n'ayant pas l'intention de venir plus de deux ou trois fois, par an, histoire de rester une heure. près du petit, et de tomber sur nous sans crier gare... De l'entendre, ça m'a donné un coup dans l'estomac, vu que ridée de monsieur le duc était de la loger chez nous des quatre ou cinq jours de suite... Aussi, je lui ai dit: a Minute !... Mademoiselle ne se souvient peut-élre pas bien que la maison est au milieu des bois.<. Personne n'y vient... On peut y rester une année entière ; si ma femme et moi ne jasons pas, il n'y aura que les chevreufls à le savoir...» Elle a répondu, raide comme je vous le dis : « Je connais la maison. Souvent j'y suis allée en me promenant... C'est an bon air pour mon fila... Le reste, Je ne sais pas ce que ça signifie... t Monsieur le duc, voilà... M'est avis qu'elle vous donne, comme on dit, à croquer le marmot. C'est pas gentil à elle, mais je crois qu'il H^ a rien à espérer de ce que monsieur le duc comptait en faisant arranger la chambre.
LE DUG
Elle ne vous a pas donné de lettre ?
NICOLAS
Non. Elle a seulement dit que cette nuit elle rentrerait à Paris.
LS DUC
C*est bien... Je m'arrangerai pour passer chez vous
demain, (ku moment où Nicolas Ta sortir, le due le rappelle.) Dites dODCf
il est beau, le moutard?
NICOLAS
Oh, pour ça» Ottil... Ma femoM s'émervsîUait an 1#
ACTJS PRBHIBR. 13
déshabillant... c'est bâtil... Et pas \xa boulon, pas une croûte 1...
Et sa figure ?
NICOLAS) ritnt*
Sa figure ! Dame» j'osai» pas en parlM* à monsieur le duc, mais puisque c'est lui qui commence^., eh bien, la figure^ faudra pas qu'un peu plus tard monsieur le duc mette la sienne à côté. Le monde s'apercevrait bien vite que ça retire fort l'une sur Tautre...
LK DUC, très sombra.
Ayez bien soin de lui !... Bonsoir !.••
Nieolasiort.