ACTE TROISIÈME
foi qui €8t bien loin de son caractère, soulevait toutes les dillicultés imaginables. Glaire est allée lui jurer Dieu sait quoi, et tout obstacle a disparu. Après la cérémonie, rappe* lez-vous comment elle a trouvé moyen, et avec quelle divine gaucherie, d'avouer qu'elle connaissait Texistence de reniant et qu'il ne fallait pas l'éloigner par respect pour elle. Qui donc a décidé mon père à nous précéder en éclaireur sur cette côte? Qui l'accompagnait? Qui a découvert ce coin ignoré où nous pouvons, sans jeter le ridicule sur notre union, goûter la paix de ces quelques jours avec notre fils entre nous?... C'est-à-dire que dans ces dernières semaines, je ne vois rien d'un peu doux que nous ne devions à Glaire !..•
HELËNE*
Croyez-vous donc que sa bonté s'adresse à moi ? Elle a surmonté son aversion pour avoir Tenfant, tout de suite, parce que l'enfant, c'est l'avenir du nom, et qu'elle est folle de cela.
ROBERT
Belle folie, en tout cas I... Tant pis pour ceux qu'elle fait | sourire!... L'honneur de l'humanité réside dans un petit j / nombre d'abnégations, creuses quand on les pèse, sublimes; ; quand on les sent. V
H é t. È N E , ayec dignité*.
C'est entendu, je ne les sens pasi... Je n'ai ni vos déli-|. catesses ni vos fiertés, (s'animant.) Faut-il, en effet, que je net . les aie guère, pour m'entendre dire du matin au soir que j& | suis une créature inférieure, et rester!... Ahl si je n'étais \ pas une pauvre sotte qui supporte tout parce qu'elle aime l \
ROBERT, consterna. \
Hélène!... Mais a-t-on idée! Trouver dan^ mes paroles
une allQsioQ blefisanial Tooez, ?oilà qui prouve combien souvent vous deves prêter à mes parents des dédains qu'ils n*ont pasi
HÉLÈNE, iroBiq««.
Vous trouvesl
ROBERT
^ Cerlainement. Pourquoi, élevés autrement que vous,
n'aurions-nous pas, Glaire et moi, un idéal diiïérent du 1^ vôtre? En quoi cela vous rabaisse- t-il? Chacun lève les yeux sur une étoile, le ciel en a pour tousrÂyèY"dôhc un peu'dlnd ul g eut e po ur rillua îôQliui meae ma vie. C'est i^- vrai, je suis fier de mon litre : on dit que la richesse est du travail accumulé, je tiens ma noblesse pour de l'honneur accumulé. Hélène, délivrez-moi du chagrin de penser que cette noblesse vous est odieuse, votre premier devoir étant d'élever notre enfant à la respecter.
HÉLÈNE
Mon ami, je ferai mon devoir vis-à-vis de l'enfant, pourvu qu'il reste mon enfant, et noaxdjin d^un clan tyrannique et jaloux ...Aussi, prenez ma prière au sérieux! Est oe que j'aurais la force de parler du temps où vous ne serez j^us, fi je ne me voyais pas au seuil d'un enferl Sauvez-moi!.... faites qu'on ne m'entraîne pas dans ce pays de loups, dans ce triste Chanlemelle peuplé de visages durs comme ceux des vieilles armures. Je vous ai chéri, parce que seul là-bas vous aviez le cœur un peu fait comme mon pauvre eœor aimant et faible... ce cœur qu'ils briseront.
ROBERT
Mais pourquoi vouloir, dès maintenant, opposer mon autorité à la leur, puisque, l^lement, ils ne pourront pas vous )?«tenir de fi»oe¥