ACTE PREMIER
Comme on connaît peu les gens!... J'étais A cent lieues de vous croire aussi, impressionnable. .- ,<^2^4.
ANNA. ^j
On a beau être insensible au point de rester sourde aux \
vœux que vous avez passé votre âge de raison à m'adresser, \
il n'en est pas moins vrai que je suis touchée de voir quelle j
extrême ardeur Hector met à se souvenir de moi. /
FRANZ, soupirant. - — '
L'heureux mortel!... Ah! les absents n'ont pas toujours
tort r...
ANNA
Ils ont du moins une supériorité sur ceux qui nous tiennent compagnie : celle de ne pas observer de travers. Mon ami, ne soyez plus si crédule quand je m'amuserai à faire TexaUée. Non, ma cervelle ne déménage pas à l'idée qu'Hector va paraître. Vous êies un diplomate de grande expérience, c'est votre métier de lire dans les âmes. Constatez donc i combien la mienne est calme. ^
FRANZ
Vous êtes vraiment déconcertante... Je ne sais plus que penser de cette visite.
ANNA
Imitez-moi, n'en pensez rien, car je n'entrevois absolument pas quelle est la grave afîaire dont veut m'entretenir Hector... Une seule chose m'apparaît claire, c'est qu'il n'apporte pas à mes quarante printemps une Aouvellc édition de ses aveux d'autrefois... Je sais, hélas ! ce que durent les affections... J'ai passé plus d'une heure pénible à le méditer. Croyez que cette nuit j'ai pu fermer l'œil...
(Elle se lèreponr se regarder dans la glace.) Suis-je Vraiment Un peU
pâle? Oui, plus qu'à Tordinaire. Oh ! j a*y voyg pas un synagtôme romanesque. Celui qui va venir nî*àPcÔiwaue dans^unSTïlse-tiTnîTo
où il se renrermefa,'*sa*S5!ïle présence va me rappeler un temps d'épreuves, et je ne puis l'attendre sans émotion. Tout cela n'empêche pas que je le retrouve avec plaisir... Excellent ami I II est à peu près de votre taille, mais plus mince, assez frêle mtoe...
FRANZ
Voici quelqu'un, (necior eniro.) Pas encore lui.
ANNA
Si, C*eSt lui !... (a mi-voix.) mais alourdi !... (S'empressant à la rencontre d'Ucclor.) Quol bonheur !
^ FRANZ
I Bah! (a part.) Il n'est pas frêle du tout! Quant à elle, que croire ?