ACTE DEUXIÈME
HUBERT, très gourmé.
Merci I... je ne comptais pas être exaucé si vite...
ANNA
Pourquoi tant de cérémonies entre vieilles connaissances et même vieux époux, afTirmcnt d*anciennes chroniques?... (on Biience.) Comment me trouvez- vous?
HUBERT
Hein?... Je ne saisis pas...
Changée?...
HUBERT
Mais... je ne sais... Je vous ai reconnue du premier coup d'œil.
ANNA, satisfiiite.
\h ! ah !... Alors Fimpression n'est pas trop mauvaise?
HUBERT
Si vous cherchez un compliment...
ANNA
Pourquoi pas ? J'ai besoin qu'on m'encourage.
HUBERT
Vous ne semblez pas en peine.
ANNA
Je suis hésitante.
HUBERT
n kut l'entendre pour le croire.
50 L'IUVITÉB.
ANNA
Croyez-le... Il me reste une incertitude sur les motifs qui vous déterminent à m'ouvrir cette maison.
Hector était chargé cependant...
ANNA
Je n'ai rien voulu entendre... On m'appelle, j'accours... Un pareil empressement n'est-il pas louable?
HUBERT
Sans doute... Pour les commissions diûiciles, un ami commua a tout de même'du bon.
ANNA
Ce n'est pas ma méthode... Nous avons quelque peu vécu l'un et l'autre, assez pour ne pas témoigner trop de surprise devant les propositions bizarres, ni trop de dépit devant les solutions imprévues... Quand on est ainsi, c'est un plaisir de délibérer ensemble.
HUBERT
Chacun son goût!... Moi, je suis moins curieux... Hector vous portail Un message très net: il est impardonnable de s'être tenu dans le vague... Vous avez vu vos filles?
ANNA
Ne parlons pas d'elles. Qu'il ne soit question, en ce moment, que de nous... Me voici ramenée au bercail, ravie ti'y être, pleine de bonne volonté. Comment la témoigner? C'est la seule chose qui ih'eh^barrnsse. Jusqu'à quel point dois-ie être reconnaissante? Éclairez-moi.