‹ La figure de proueChapitre 107 sur 141 · A TLEMCEN · texte numérisé non relu

A TLEMCEN

A Tlemcen, parmi les tapis, Tombre et la chaux Fraîche, j’ai désiré d’être FArabe à mine De brigand qui tenait si bien son cœur au chaud Dans son manteau troué, sa race et sa vermine.

La mosquée entourait de son luxe charmant Cette pauvreté profondément endormie Dans l’oubli, le repos, l’ensevelissement.

Et j’enviais sa quiétude de momie.

Connaîtrai-je jamais sur la terre ce bien De dormir dans un lieu de prière concrète Et d’encapuchonner dans la laine une tête Qui ne désire rien et qui ne pense à rien ?

A DJIDJELLI

A üjidjelli, nous ouvrions nos yeux heureux Sur cette allée au clair de lune où les platanes Avaient leur ombre exacte et noire devant eux.

Et, sentant rire en nous nos âmes de sultanes D’Occident, dans la nuit illuminée où tout Se taisait jusqu’au bruit même delà merproche. Nous étions sans désir d’ailleurs et sans reproche — ^ Un peu de nuit, un peu de joie. Et c’était tout.

Page 1