‹ La figure de proueChapitre 111 sur 141 · AMOUR · texte numérisé non relu

AMOUR

Qu’obtiendrons-nous jamais de vous, noces humaines, Puisqu’ën nous l’animal est mort ou presque mort ? Mais t’obéir, nature ! aller où tu nous mènes.

Et que tes seuls parfums tuent en nous tout effort.

Mais nous mourir, les soirs que le désir nous couche, Delà possession de tes grands bras touffus,

T’aimer, nous qui savons quelle épouse tu fus Pour ceux qui t’ont voulu connaître bouche à bouche !

Propice à nos repos comme à nos passions.

Ton visage, qui change avec toutes les heures.

Rit lorsque nous rions, et, si nous pleurons, pleure. Sans yeux pour nous tirer une explication.

LA FIGLKE DE PLOL’E

Ta ne sais pas Thorreiir du geste et des paroles,

La contradiction de cet amour impair ;

Tu nous tends seulement tes profondes corolles Qui sont une douceur plus douce que la chair.

Ton sein ne connaît point la limite du spasme,

Le funèbre regret du plaisir accompli.

Pour offrir à nos sens un éternel phantasme,

Au creux des horizons ton amour fait son lit.

Nature, seul rachat de Fhomme et de la femme, Unique amie en qui cesse l’isolement,

O toi qui nous connais, toi dont nous savons Tâme, Puisque ton âme, c’est la nôtre, simplement.

MANSOURTA

Je garde en ma pensée et je n’oiiblierai point Une grotte marine, où, debout, haut la tête, Je regardais s’ouvrir et se fermer de loin Les mâchoires de la tempête.

Comme en un coquillage immense où se cacher. Toute seule j’entrais furtivement en elle.

L’eau souterraine y sculpte à même le rocher Des cathédrales naturelles.

Au plus profond des creux d'architecture et d’eau. Ai-je cru voir ou vu, de mes yeux, la sirène Porter les bleus joyaux marins comme un fardeau Sur sa chair lisse de murène?

r.A FIGURE DE PROUE

Que sais-je?... Par respect je n’ai pas elîaré Celle dont le secret dans les trous d’eau se couche, Et je n’ai pas connu son peureux corps doré Ni le goût d’huître de sa bouche...

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