‹ La figure de proueChapitre 48 sur 141 · PREMIÈRE NUIT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE NUIT

Le silence do la foret de chênes-lièges Monte immensément dans la nuit,

Nourri des millions de furtifs petits bruits Des existences qu’on ignore et qui y siègent.

La respiration brûlante du gibier S’y mêle au cours des eaux, au frôlement des plantes, A des souffles d’humains enfouis sous des tentes Plus sauvages que des terriers.

Moi, parmi cette nuit des premiers temps du monde, J’ai couché mon front dans mes bras Et laissé s’enrouer dans ma gorge profonde Le sanglot qu’on n’explique pas,

Alors que dans l’obscurilé pleine de sources Et de tant de sommeils vivants qui se sont tus, Géométrique et solitaire, la Grande Ourse Régnait à l’horizon sur des chênes crépus.

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