‹ La figure de proueChapitre 75 sur 141 · ANGOISSE · texte numérisé non relu

ANGOISSE

Gomment puis-je éloigner l'invisible, aujourd’hui? Qui fera taire cette tour dont les trois cloches Entament jusqu’au fond, de par leur mauvais hruit. Mon cœur que je sentais dressé comme les roches ?

Est-ce que je n’ai plus l’Orient dans le sang?

Ne se pourrait-il pas que l’on me fît entendre Le rythme arabe qui roucoule, rauque et tendre. Dans le bois d’un roseau fragile et tout puissant.

Pour que la simple voix de tourterelle humaine D’une des flûtes primitives de là-bas Annule doucement avec son refrain las Le grand mal que me fait la cloche européenne?...

ROGKING CHAIR

Balance-toi dans ton fauteuil, ô jeune femme! Laisse planer sur toi le tendre soir venu.

Oublie un peu ta vie, et repose ton âme A regarder bouger devant toi ton pied nu.

Il fait bon ne songer à rien quand la nuit tombe. Pour ce soir seulement, ce soir presque d’été.

Que ton sauvage cœur soit comme une colombe. Laisse pencher ton front étroitement natté.

Tu n’es rien qu’une enfant pieds nus qui se balance. Cligne tes yeux, ferme ton cœur ; et n’entends pas Le cri monté vers toi, plus fort que le silence.

De ceux qui t’aiment trop et que tu n’aimes pas.

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