SCÈNE X
LtS MÈMKS; CATHERINE, en costume de pr<siflrnle de l'iipoque ; robe de Mtin ro«e ouverte , avec un dessous de salin lilane; une écliarpc bleue en sautoii . une rose dans leschcvcui.
<:»•nlE^l.^E.
llaroi. ! mou cher B.iron , où c.-t-il?
LA 1-lLLIÎ DE DOMINIQUE
Ain : J'.irrDsc, jairo>,c (ilc Jen.iï ; . Je cliante, je d;uise , je ciianle, Pom- calmer le fcti qui me lourmente.
Je danse et je poursuis toujours Le tendre objet de mes amours î J'en jure, foi île présidente, Par Baron mon eirnr fut séduit; Pour lui , m.i flamme dévorante.
Vous le voyez , m'a fait perdre l'esprit.
n\riO\.
Eh f|iioi ! beil.; présidente, c'est pmir lia-
CATIIF.I'.INE.
Je clianle , je danse , etc.
( A Baron. ) Ah ! :ih 1 vous voilà , chevalier ; comment vous portei-vous?... merci, pas mal... et vous? oii est-il? je le cherche par-tout.... Pour lui plaire je suis devenue nvmphe, sylphide, naïade, dryade, hainadn'ade ! Je l'appelle en fa diè?.e, il me répond en ini béinul, et je le poursuis en |etés-baitus.
Je chante, je danse, etc.
MCOL.AS, bas, à Daroii.
Eh bien ! monsieur, est-elle foll<: celle-là?
c.titux.
Tais-toi; son malheur m'intéresse; pauvre i'enune! si je pouvais lui rendre la raison! CATUF.tUM':^ soupirant.
Ah ! chevalier , je suis bien malheureuse ! j'.idore Baron , et mon mari ne veut pas que je l'épouse.
MCOt.AS, rianl.
Ah ! ah ! ait !
CATUF.niSF., s'avancanl sur Nicolas.
Pourquoi riez-vous? Est-ce pour insulter à rna passion... téméraire...! Holà! à moi, mes lïiousquelaircs ; qu'on arrête cet homme et f|u'on le charge «le chaînes... vous m'en répondez sur vos têtes.
(Nicolas recule effrayé. ]
CAÏUEIUSE, avec gailé.
Je chante, je danse , etc.
(Elle s'airêtc au milieu <lu refrain et va s'asseoir sur le sofa .l'un air mélancoliqac.)
BAitON , à Nicolas.
Attends! je crois qu'elle se calme, ii'inK rromps pas sa rêverie.
CATUEniNK, assise.
Pstl... pst!...
(Elle fait sisnc à Baron de venir auprès Jclle. ) BAÏtON.
Vous m'apncle/. ?
(Il s'approche.) MCOLAS, à mi-voil.
N'y allez pas, monsieur, elle va vous mor- .Ire.
BAIIO».
Indiécile! une jolie fimine ne me fait jamais
IICUI.
(IU>,,ro.lK-.)
CVlUKItlNE.
Plus près, plus près encore. (Prenant la main de Baron qui s'est assis.) Ah ! <|u'on est bien près de toi ! si tu savais, je suis bien .à plaindre; quand je le refjarde, il détourne les yeux ; quand je lui prends la main, il la relire; quand je l'appelle, il me fuit, m'abandortne ! (Essuyant ses yeux.) Oh ! je t'en prie , ne lui dis pas que j'ai pleuré, car il se rirait de mes larmes!
NICOLAS, essuyant ses yeux.
Pauvre femme ! elle me fait pleurer comme une bête !
l!Al\ON', ému.
Ah ! madame, croyez-bien (jue celui qui a pu vous plaire sera tomdié de tant tl'amour. (Tombant à ses genoux. ) Et c'est à vos pieds qu'il jure de vous aimer toujours !
CATHmiNE, se levant d'un air effrayé.
O ciel! est-ce possible! (Le regardant fixement et lui riant au nci. ) Ah ! ah ! ah ! la drôle de figure... lui à mes pieds! quand il voltige là-bas... Tiens, regarde, regarde, est-ce que tu ne hvois pas ?
IIAUOS.
Qui donc?
CA•rllEP.I^E, regardant en l'air et semblant suivre un objet .les yeux.
Ce beau papillon au\ ailes dorées, qui vole au-dessus de ma tête... c'est lui!.,, c'est l'td)].! de mon amour !
MCOI.AS, .'i pail.
Mon maître un papillon... est-elle folle l'infortunée !
CATMEKINf , coulant eà et là comme si elle voulail ,11traper un papillon.
Air du galop de Ba.udoin.
Je le tien! ((.;.<.) C'est mou amant, t'est mou bien '.
Je le tien! {bis.) Ah ! comme il voltige liicn !
tjhjct de ma passion, Vifet léger papillon, l'^n vain tu veu.x m'cchapper.
Je vais t'altraper.
Je le tien ! {bis.) etc , clc.
( Elle recommence à courir. ) Mais, chut !... pour moi quel plaisir!
Je vais enfin le saisir, Car il s'est posé là-bas Sur uni-chalas!
(Elle s'approche .le Nicolas qui se tic semble attraper le papillon su
MCOtAS, se frottant le nez.
Aye ! qn'est-ce que vous avez donc?
CATIIER1>E , lui montrant le papillon qu clic c dans SCS mains.
]•■ le tien! {bis.) C'est ni.)u amant, c'est mon bien. .
Je le lien! (fci's.) Ah ! comme il voltigeait bien !
BAnoN.
De grâce chère [Mésidenle , ('•toutez-
et .hoil
au lieu de rourir après un être si volage el si léléj;ei-, tournez les yeux vers celui (]a\ ne i\enianJe <|u'à vous renilie à la raison et au bon- Iieur !
CATHEniNE.
Quel son de voix... c'est le sien!... où suis-je donc pour qu'il ail entendu mes cris ? ( Elle passe ses mains sur son front d'un air égaré.) Tiens! je suis au spectacle! '(Regaraant dans la salle.) Oh! les lielles daims! oh! lis jolis fjarçons ! (Elle fait la révérence. ) Le voilà (]ui fait Son entiée... Qu'il est bien dans Achille, quand il dit :
(Elle niarclic d'un air trafique.)
'i Kcndcz {;race au seul nœud qui retient ma colère,
« D'Ipliigénic cncor je res])ccte le père ! » ( S'arrétani. ) Ah ! maintenant le théâtre change... nous voici dans les champs. ( Ici l orchestre joue en sourdine la ritournelle de l'air suivant. ) Voyeï-vous ces jeunes villageois qui traversent la prairie avec leurs pastourelles... tenez, regardez ce berger qui fait paître ses moutons.
( Elle montre Nicolas. ) MCOI.AS, à part.
!îon ! elle méprend pourun berger, etelle voit «les moutons maintenant... cette fenime-là a la folie des' bêtes !
CATHEniKE.
Il prenil sa musette... il fait danser les Jeunes (illes sur le gazon... quels doux accords !
(,\ Rir.in.) Alu lie la Musette (de Panscrnn ).
Vois leur plaisir, vois leur dan.se légère. Guide mes pas, et sois mon pastoureau; Moi, pour toujours, je se Serai ta bergère... Tiens, enlends-lu le son du chalumeau?... Écoutez !
Écoulez !
(KitourncUe de li^ulbois. j .l'entciids au loin la chansonnettfc Que l'ècho fidèle répète.
Écoulons, (bis.) le voici.
Oui, Il est déjà près d'ici.
MCOLAS , dansant.
Dites donc, monsieur, il me semble i|Ue je suis une ji'une bergère et que je danse une bourrée avec mon pastoiireau.
n*noN.
Tais-loi donc.
CATIllailNE.
Mais nri s'éloigne cl l'on quitte la plaine , l.e soleil fuit, c'est l'Iicurc du repos. Dcja là-bas, sous l'ombre du vieux clicne. Tous les bergers rap|iclleiit leurs troupeaux, l'.coiucz ! {bis.) .l'entends au loin, etc., etc.
11 est dcja loin d'ici.
( Elle leur indique du Aoigl les bergers qu'elle voit partir et send>lr éeoulei ;ivee intérêt le bruit du hautbois qui continue cl sélol;;ui- peu ii peu,)
MCOLAS, écoutant toujours et ayant l'air de voir 1rs bergers.
Dieu de Dieu ! doivent-ils être loin maintpnant !...
CATUEllINE.
Ciel î le voilà qui embrasse une autre bergère que moi... l'infidèle... ah ! soutenez-moi... je me meurs!
BARON , la soutenant dans ses bras.
Elle se trouve mal ! Nicolas , va vite chercher des sels.
CATlIEniNE, se relevant.
Inf.^me !... lu te joues encore de ma douleur-, lih bien, c'en est fait... mon parti est pris !... (Reprenant l'air d'entrée.) Je chante, je danse, elc.
(Elle sort en dansant.) BAnos , à Nicolas.
Vile, Nicolas, suis-la, et veille à ce qu'il ne lui arrive aucun mal.
MCOI.AS.
J'y vas, monsieur... sui' son chcniiii elle n'aurait qu'à prendre les passants pour des papillons et courir après.
(Il fredonne eu iniit^int Catherine , el sort en cbantanl.) Je chante, je danse, elc.
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