‹ La fille de DominiqueChapitre 18 sur 38 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LtS MÈMKS; CATHERINE, en costume de pr<siflrnle de l'iipoque ; robe de Mtin ro«e ouverte , avec un dessous de salin lilane; une écliarpc bleue en sautoii . une rose dans leschcvcui.

<:»•nlE^l.^E.

llaroi. ! mou cher B.iron , où c.-t-il?

LA 1-lLLIÎ DE DOMINIQUE

Ain : J'.irrDsc, jairo>,c (ilc Jen.iï ; . Je cliante, je d;uise , je ciianle, Pom- calmer le fcti qui me lourmente.

Je danse et je poursuis toujours Le tendre objet de mes amours î J'en jure, foi île présidente, Par Baron mon eirnr fut séduit; Pour lui , m.i flamme dévorante.

Vous le voyez , m'a fait perdre l'esprit.

n\riO\.

Eh f|iioi ! beil.; présidente, c'est pmir lia-

CATIIF.I'.INE.

Je clianle , je danse , etc.

( A Baron. ) Ah ! :ih 1 vous voilà , chevalier ; comment vous portei-vous?... merci, pas mal... et vous? oii est-il? je le cherche par-tout.... Pour lui plaire je suis devenue nvmphe, sylphide, naïade, dryade, hainadn'ade ! Je l'appelle en fa diè?.e, il me répond en ini béinul, et je le poursuis en |etés-baitus.

Je chante, je danse, etc.

MCOL.AS, bas, à Daroii.

Eh bien ! monsieur, est-elle foll<: celle-là?

c.titux.

Tais-toi; son malheur m'intéresse; pauvre i'enune! si je pouvais lui rendre la raison! CATUF.tUM':^ soupirant.

Ah ! chevalier , je suis bien malheureuse ! j'.idore Baron , et mon mari ne veut pas que je l'épouse.

MCOt.AS, rianl.

Ah ! ah ! ait !

CATUF.niSF., s'avancanl sur Nicolas.

Pourquoi riez-vous? Est-ce pour insulter à rna passion... téméraire...! Holà! à moi, mes lïiousquelaircs ; qu'on arrête cet homme et f|u'on le charge «le chaînes... vous m'en répondez sur vos têtes.

(Nicolas recule effrayé. ]

CAÏUEIUSE, avec gailé.

Je chante, je danse , etc.

(Elle s'airêtc au milieu <lu refrain et va s'asseoir sur le sofa .l'un air mélancoliqac.)

BAitON , à Nicolas.

Attends! je crois qu'elle se calme, ii'inK rromps pas sa rêverie.

CATUEniNK, assise.

Pstl... pst!...

(Elle fait sisnc à Baron de venir auprès Jclle. ) BAÏtON.

Vous m'apncle/. ?

(Il s'approche.) MCOLAS, à mi-voil.

N'y allez pas, monsieur, elle va vous mor- .Ire.

BAIIO».

Indiécile! une jolie fimine ne me fait jamais

IICUI.

(IU>,,ro.lK-.)

CVlUKItlNE.

Plus près, plus près encore. (Prenant la main de Baron qui s'est assis.) Ah ! <|u'on est bien près de toi ! si tu savais, je suis bien .à plaindre; quand je le refjarde, il détourne les yeux ; quand je lui prends la main, il la relire; quand je l'appelle, il me fuit, m'abandortne ! (Essuyant ses yeux.) Oh ! je t'en prie , ne lui dis pas que j'ai pleuré, car il se rirait de mes larmes!

NICOLAS, essuyant ses yeux.

Pauvre femme ! elle me fait pleurer comme une bête !

l!Al\ON', ému.

Ah ! madame, croyez-bien (jue celui qui a pu vous plaire sera tomdié de tant tl'amour. (Tombant à ses genoux. ) Et c'est à vos pieds qu'il jure de vous aimer toujours !

CATHmiNE, se levant d'un air effrayé.

O ciel! est-ce possible! (Le regardant fixement et lui riant au nci. ) Ah ! ah ! ah ! la drôle de figure... lui à mes pieds! quand il voltige là-bas... Tiens, regarde, regarde, est-ce que tu ne hvois pas ?

IIAUOS.

Qui donc?

CA•rllEP.I^E, regardant en l'air et semblant suivre un objet .les yeux.

Ce beau papillon au\ ailes dorées, qui vole au-dessus de ma tête... c'est lui!.,, c'est l'td)].! de mon amour !

MCOI.AS, .'i pail.

Mon maître un papillon... est-elle folle l'infortunée !

CATMEKINf , coulant eà et là comme si elle voulail ,11traper un papillon.

Air du galop de Ba.udoin.

Je le tien! ((.;.<.) C'est mou amant, t'est mou bien '.

Je le tien! {bis.) Ah ! comme il voltige liicn !

tjhjct de ma passion, Vifet léger papillon, l'^n vain tu veu.x m'cchapper.

Je vais t'altraper.

Je le tien ! {bis.) etc , clc.

( Elle recommence à courir. ) Mais, chut !... pour moi quel plaisir!

Je vais enfin le saisir, Car il s'est posé là-bas Sur uni-chalas!

(Elle s'approche .le Nicolas qui se tic semble attraper le papillon su

MCOtAS, se frottant le nez.

Aye ! qn'est-ce que vous avez donc?

CATIIER1>E , lui montrant le papillon qu clic c dans SCS mains.

]•■ le tien! {bis.) C'est ni.)u amant, c'est mon bien. .

Je le lien! (fci's.) Ah ! comme il voltigeait bien !

BAnoN.

De grâce chère [Mésidenle , ('•toutez-

et .hoil

au lieu de rourir après un être si volage el si léléj;ei-, tournez les yeux vers celui (]a\ ne i\enianJe <|u'à vous renilie à la raison et au bon- Iieur !

CATHEniNE.

Quel son de voix... c'est le sien!... où suis-je donc pour qu'il ail entendu mes cris ? ( Elle passe ses mains sur son front d'un air égaré.) Tiens! je suis au spectacle! '(Regaraant dans la salle.) Oh! les lielles daims! oh! lis jolis fjarçons ! (Elle fait la révérence. ) Le voilà (]ui fait Son entiée... Qu'il est bien dans Achille, quand il dit :

(Elle niarclic d'un air trafique.)

'i Kcndcz {;race au seul nœud qui retient ma colère,

« D'Ipliigénic cncor je res])ccte le père ! » ( S'arrétani. ) Ah ! maintenant le théâtre change... nous voici dans les champs. ( Ici l orchestre joue en sourdine la ritournelle de l'air suivant. ) Voyeï-vous ces jeunes villageois qui traversent la prairie avec leurs pastourelles... tenez, regardez ce berger qui fait paître ses moutons.

( Elle montre Nicolas. ) MCOI.AS, à part.

!îon ! elle méprend pourun berger, etelle voit «les moutons maintenant... cette fenime-là a la folie des' bêtes !

CATHEniKE.

Il prenil sa musette... il fait danser les Jeunes (illes sur le gazon... quels doux accords !

(,\ Rir.in.) Alu lie la Musette (de Panscrnn ).

Vois leur plaisir, vois leur dan.se légère. Guide mes pas, et sois mon pastoureau; Moi, pour toujours, je se Serai ta bergère... Tiens, enlends-lu le son du chalumeau?... Écoutez !

Écoulez !

(KitourncUe de li^ulbois. j .l'entciids au loin la chansonnettfc Que l'ècho fidèle répète.

Écoulons, (bis.) le voici.

Oui, Il est déjà près d'ici.

MCOLAS , dansant.

Dites donc, monsieur, il me semble i|Ue je suis une ji'une bergère et que je danse une bourrée avec mon pastoiireau.

n*noN.

Tais-loi donc.

CATIllailNE.

Mais nri s'éloigne cl l'on quitte la plaine , l.e soleil fuit, c'est l'Iicurc du repos. Dcja là-bas, sous l'ombre du vieux clicne. Tous les bergers rap|iclleiit leurs troupeaux, l'.coiucz ! {bis.) .l'entends au loin, etc., etc.

11 est dcja loin d'ici.

( Elle leur indique du Aoigl les bergers qu'elle voit partir et send>lr éeoulei ;ivee intérêt le bruit du hautbois qui continue cl sélol;;ui- peu ii peu,)

MCOLAS, écoutant toujours et ayant l'air de voir 1rs bergers.

Dieu de Dieu ! doivent-ils être loin maintpnant !...

CATUEllINE.

Ciel î le voilà qui embrasse une autre bergère que moi... l'infidèle... ah ! soutenez-moi... je me meurs!

BARON , la soutenant dans ses bras.

Elle se trouve mal ! Nicolas , va vite chercher des sels.

CATlIEniNE, se relevant.

Inf.^me !... lu te joues encore de ma douleur-, lih bien, c'en est fait... mon parti est pris !... (Reprenant l'air d'entrée.) Je chante, je danse, elc.

(Elle sort en dansant.) BAnos , à Nicolas.

Vile, Nicolas, suis-la, et veille à ce qu'il ne lui arrive aucun mal.

MCOI.AS.

J'y vas, monsieur... sui' son chcniiii elle n'aurait qu'à prendre les passants pour des papillons et courir après.

(Il fredonne eu iniit^int Catherine , el sort en cbantanl.) Je chante, je danse, elc.

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