ACTE I. — SCÈNE IV. 3i
Favetta.
Notre barque est fendue toute, et point ne te portera.
Teodula.
Je te donne de Vétoupe, je te donne de la poix.
Ornella.
Elle a sept fentes ouvertes, et je ne suis pas calfat.
Teodula.
Passe-moi sur tes épaules, je te donne sept tournois.
Favetta.
Ueau rapide ni épouvante.
Non, vraiment, je ne puis pas.
Teodula.
Vite^ mets à nu tes jambes, et prends ce tari d'argent.
Ornella.
C'est peu, c'est peu : huit baioques.
Non, vraiment, je ne puis pas.
Teodula.
Allons, trousse-moi tes cottes,
et je te donne un ducat.
La femme donnera une pièce de monnaie à Ornella qui la recevra dans sa paume gauche, tandis que les autres porteuses de corbeilles, survenues, se rassembleront devant le seuil. Les d eux époux demeureront assis sur les escabeaux. Candia et Splendore sortiront de la chambre nuptiale.
Ornella et Favetta.
Passe^, passe'^, Seigneurie, et toute la compagnie.
Ornella serrera le tribut dans son sein et enlèvera la quenouille. Favetta enlèvera le hoyau et appuiera contre les montants de la porte les deux emblèmes rustiques. Ornella tirera vers elle la ceinture qui, agitée, serpentera en l'air comme un petit étendard. Les donatrices entreront l'une après l'autre, à la file, avec les corbeilles sur la tête.
Teodula di Cinzio.
Paix à toi, Candia délia Leonessa.
Paix au fils de Lar^aro di Roio.
Paix à réponse que lui a donnée Christ.
Elle déposera sa corbeille aux pieds de l'épouse; elle prendra une poignée de froment et la répandra sur la tête de la jeune femme; elle en prendra une autre poignée et la répandra sur la tête du jeune homme.