CHŒUR DES MERVEILLEUSES
Non personne ne voudra croire ) , A ce que vous nie raccniez là; j ^^'
Mais lorsqu'on écrira Les histoires du Directoire, Malgré ce que le Directoire bis.
De scandales fournit déjà, Non personne ne voudra croire / .- Ace que vous nous lacontez là. j ^'
LARIVAUDIÈRE.
Oui, mesdames, c'est ainsi que cela s'est passé, en pleine rue, sur le carreau de la halle, une jeune fille qui portait de . la rieur d'oranger.
MADEMOISELLE DELAUNAY
C'est vraiment inouï.
GYDALISE.
C'est incroyable !
MADAME HERBELm.
C'est scandaleux !
SIADEMOISELLE LANGE (entrant suivie d'Hersilie.) Oui, c'est tout cela ; mais,'de grâce, ne parlons plus de relie jeune fille; j'ai obtenu de Barras qu'on me l'amènerait ians la soirée.
LARIVAUDIÈRE.
Vous l'amener, la tirer de sa prison?
MADEMOISELLE LANGE
Parfaitement; je veux savoir par elle-même le motif de ces attaques; la prison ne me dirait rien, je veux que la prisonnière me dise quelque chose. Mais laissons ce sujet. Delaunay, tu étais hier à l'Opéra, qu'y disait-on ?
MADEMOISELLE DELAUNAY
On y faisait un grand bruit.
MADEMOISELLE LANGE
Pourquoi?
MADEMOISELLE DELAUNAY
Parce que l'Opéra avait triplé le prix de ses places.
LARIVAUDIÈRE.
Triplé I Sous quel prétexte?
MADEMOISELLE DELAUNAY
Sous le prétexte que la chandelle coûte aujourd'hui quante-cinq livres.
MADEMOISELLE LANGE
Dame! c'est assez juste... En temps de république, le ioleil luit pour tout le monde... mais la chandelle, il faut la payer.
MADAME HERBELIN
Et la vie est très-chère, par ce régime. On parlait hier cli; z Fréron d'un dîner de deux cent mille livres et d'une corbeille de noces de vingt-cinq millions... en papier.
LARIVAUDIÈRE.
Aussi le gouvernement songe-t-il à faire fabriquer des assignais de cent mille livres!