ACTE DEUXIÈME
MADEMOISELLE LANGE
Un instant!.. Vous êtes, dites-vous, le fiancé de Clairette?
Oui... Nous nous adorons, et c'est pour cela...
MADEMOISELLE LANGE
N'êtes-vous pas élève du grand Léonard?
POMPONNET.
Oui, citoyenne, c'est même aux leçons que j'ai reçues d. lui que je dois l'honneur. . .
MADEMOISELLE LANGE
Et n'avez-vous pas coiffé les demoiselles des maisons de Breleuil et de Gondé?
POMPONNET.
Oui, avant la révolution, quand on portait des vaisseaux sur la lêie... mais.
MADEMOISELLE LANGE, aux valets.
Que l'on fouille cet homme. (Musique.)
POMPONNET.
Hein?
MADEMOISELLE LANGE
Il doil avoir sur lui une chanson faite contre le Directoire.
POMPONNET, pendant qu'on le fouille.
Mais oui. (Aux domestiques.) Mais ne me fouillez danc pas! Mais oui, puisque... Mais laissez-moi donc tranquille! Mais oui... c'est elle ! puisque je viens exprès.
MADEMOISELLE LANGE
La chanson I... Qu'on arrête cet homme!
Hein? (On entraîne Pomponnet.)
LARIVAUDIÈRE.
Oui! qu'on l'arrête ! Louchard, vous nous en répondez, (a part ) Je n'y suis pas... mais ça ne fait rien.
POMPONNET.
M'arrêter 1 moi? (On pousse Pomponnet dehors. — Après la sortie de Pomponnet.)
LARIVAUDIÈRE.
Je n'y comprends rien! Me direz-vous pourquoi vous me faites arrêter ce pauvre diable?
MADEMOISELLE LANGE, qui est remontée.
Atiendez. (a la cantonade.) Vcuez, Ycnez !
CLAIRETTE (rentrant de gauche.)
De là nous avons tout vu, tout entendu.
ANGE PITOU
Pourquoi le faire arrêter à ma place ?
MADEMOISELLE LANGE
Vous prenez la sienne, il doit prendre la vôtre.
CLAIRETTE
Si c'est lace qu'on appelle la justice.
LARIVAUDIÈRE.
Enfin, me direz-vous?
Je VOUS dirai d'abord qu'il est près de minuit.
LARIVAUDIÈRE.
Minuit. Ah! mon Dieu, j'oubliais.
MADEMOISELLE LANGE
Silence, moi je n'oublie pas! (nersiiie paraît.) Ma chère Clairette, lu vas .snivre ma camériste. Hersilie, conduisez mademoiselle dans ma chambre, elle y passera la nuit.
CLAIRETTE
Quoi, c'est là ma prison !
MADEMOISELLE LANGE
Couche-toi, dors bien, et demain nous causerons^