ACTE PREMIER
AMARANTHE
Vous vous rappelez tous, que lorsque cette pauvre madame Angot a passé de vie à trépas, pauvre comme une Madeleine, elle qui avait été si riche, et n'ayant plus au monde qu'une petite fille née au sérail de Gonstantinople...?
TOUS
Ehben?ehben?
AMARANTHE
Eh ben, nous n'avons pas hésité une minute... Nous nous sommes dit: Puisqu'elle n'a plus ni père ni mère, elle sera l'enfant de la halle... Et ça une fois dit. (Aux hommes.) vous êtes tous devenus ses pères, (Aux femmes.) et nous sommes toutes devenues ses mères !
THÉRÈSE
Pardine, si nous savons ça !
GUILLÂUME-
A quoi bon nous le rappeler?
AMARANTHE
Eh bon î mes petits agneaux, ce jour-là... rious avons fait une bêtise !
TOUS
Une bêtise?
AMARANTHE
Comme elle ne possédait pas d'acte civil, nous sommes allés à la n^unicipalité et avons déclaré à l'autorité que la petite était l'enfant de monsieur et madame Angot.
TOUS
Eh ben?
AMARANTHE
Eh ben ! la petite fille avait trois ans, et il y en avait cinq que le père Angot était défunt !
TOUS
Ah!
AMARANTHE
Nous n'avions pas réfléchi àça, et depuis, personne ne s'en était seulement douté. Mais hier, un billet anonyme a é(é adressé à la municipalité. Le billet disait ça. On a été aux preuves, on a consulté les registres, et c'était vrai : Clairette est venue au monde deux ans après que son père en était sorti !
POMPONNET.
Comment, ma femme n'est pas !a fille de son père ? Mais alors, de qui donc est-elle la fille ?
g LA FILLE DE MADAME ANGOT
AMARANTHE
Dame! puisque sa mère était alors au sérail de Constantinople... c'est peut-être la fille du Grand Turc!