‹ La fille de trente ans;Chapitre 33 sur 140 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

M. DE LAMORÏNIÈRE, ROBERT.

LAMORINIÈRE, se levant et allant à Robert.

En vérité, Robert, avec tes mauvaises plaisanteries, tu es insupportable.

ROBERT, se levant.

Bah i depuis un mois j'ai cinquante ans, je suis presque aussi mûr que vous, et une petite gaillardise par hasard... un retour de jeunesse, c'est bien permis. A cela près, je l'espère, vous êtes content... depuis un mois plus de petits soupers... plus d'Opéra. Je vous ai rendu Zoé.

LAMORINIÈRE, riant.

, Aussi à commencer par elle, elles sont toutes furieuses contre toi, et ont juré, nouvelles Hermiones, de se venger de ton abandon.

ROBERT

Vous en êtes sûr?

LAMORINIÈRE.

Très-sûr ! elles me l'ont dit hier.

ROBERT

Vous y allez donc toujours ?..

Pour savoir des nouvelles seulement... (n s'asseoit sur la

causeuse.)

ROBERT

Ah ! mon oncle ! quelle conduite î

LAMORINIÈRE.

Écoute donc... moi je ne me marie pas... je reste garçon... Mais aussi quelle dot et quelle prétendue je t'ai données... Ah çà ! j'espère que tu l'aimes !

ROBERT, allant à la cheminée.

Si je ne l'aimais pas, elle aurait du malheur... je les aime toutes ! Si bonne, si naïve, si aimable ! pauvre lille, je la plains, elle méritait mieux que moi 1

LAMORINIÈRE.

Que veux-tu dire ?

ROBERT

Vrai... ce n'est pas ma faute. J'ai cru que jamais ce ma-"

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