‹ La fille de trente ans;Chapitre 38 sur 140 · HÉLÈNE, URSULE · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, URSULE

HÉLÈNE, se laissant tomber sur la causeuse .

Ah! le courage me manque !

URSULE

Allons donc... y penses-tu?... Est-ce que Robert ne te plaît pas ?

HÉLÈNE

Je ne dis pas cela... j'étais si en colère... que, dans le premier moment, je ne sais pas qui j'aurais épousé ; ne fut-ce que pour prouver à M. Raoul... que je n'avais jamais pensé à lui...

URSULE

Robert n'est-il pas charmant pour toi?

HÉLÈNE

Eh 1 mon Dieu, oui... par malheur... il est si aimable... si complaisant... qu'il cherche à me faire rire quand j'ai envie -de pleurer. Il se doute, j'en suis sûre, que je ne suis pas heureuse... car l'autre jour encore il me disait avec un regard triste mais plein d'amitié : « Ma future, j'ai idée que vous aimeriez mieux être ma sœur. »

URSULE

11 a dit cela!..

Et, le plus étonnant, c'est qu'il a dit juste... Oh! oui, que j'aimerais à l'avoir pour frère, comme je lui confierais toutes mes peines!., car plus le moment approche et plus j'hésite... et plus je pense... à l'autre.

URSULE

Il ne faut pas.

HÉLÈNE

Je le sens bien! Heureusement, il est loin... car s'il était là... si je le voyais... tout mon courage m'abandonnerait.

URSULE

Allons, allons, quel enfantillage! Voici ces Messieurs. SCÈNE VII.

HÉLÈNE, URSULE, L'AMIRAL, entrant par le fond, appuyé sur le bras de Robert; puis M DE LAMORIN1ÈRE.

L'AMIRAL, brusquement.

Merci, Monsieur, merci ! (s'adressant à Ursule.) J'aurais trèsbien monté l'escalier sans bras. Je n'ai pas encore besoin, grâce au ciel, d'être remorqué.

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