SCÈNE IV
LES PRÉCÉDENTS, MÉLANIE, venant de la porte à droite. URSULE, l'apercevant.
Cette bonne Mélanie... la gouvernante de votre oncle.
MÉLANIE
Oui, Mademoiselle. Monsieur m'a donné pour vous une lettre qu'il m'a expressément recommandé de ne remettre qu'à vous, Mademoiselle, à vous seule. La voici. Ma commission est faite, je m'en vais.
URSULE
Non, restez!... vous vous chargerez de la réponse, (aiéianie
est près de la porte à droite ; elle s'approche de Robert pendant qu'Ursule décachette et lit la lettre près de la table à gauche.) * M É L A N I E, bas, à Robert.
Monsieur, votre oncle trame quelque chose contre nous!..
ROBERT, de même.
Tais-toi.
MÉLANIE, avec une colère concentrée.
Si je le savais !.. (Se modérant.) Ce n'est pas pour moi, mais pour vous, pour Emmanuel...
ROBERT
Silence!..
MÉLANIE, toujours à voix basse.
Monsieur est rentré tout pâle, tout bouleversé. Il se promenait dans son cabinet, sans me voir. Puis tout à coup il s'est .m écrié : « Ah! un seul moyen de me sauver!.. » Il s'est mis à son bureau et a écrit avec agitation cette lettre...
URSULE, qui pendant ce temps a achevé de la parcourir.
Ah! que viens-je de lire !..
ROBERT, s' avançant.
De quoi s'agit-il?..
URSULE, avec émotion.
D'une nouvelle, dont je ne suis affectée que pour vous, Robert; nouvelle qui, pour moi, du reste, me prouve à. quel point, monsieur votre oncle est un parfait galant homme.
MÉLANIE, à part, avec défiance.
Qu'est-ce donc?..
ROBERT
Achevez!..
URSULE, lisant.
(( Mademoiselle, .» m'écrit M. de Lamorinière, « l'amour que j'éprouve pour vous et que j'ai avoué à M. votre père, cet amour, quelque ardent qu'il soit, ne peut faire taire la voix de l'honneur... et, prêt à vous épouser... »