LÉOPOLD
Je croiS) sur des rumeurs dont nous sommes l'objet, Que Sigismond nourrit un sinistre projet.
RODOLPHE
Qu'importe I notre force amènera sa chute ; Soyons prêts.
HERMANN
Mais avant de commencer la lutte.
Nous devons consulter nos frères , et nous voir Ce soir à Freudenberg.
LÊOPOLD.
Ace soir.
WOLKSTEIN.
A ce soir.
Wolkslein et Léopold so disposent k sortir ; Hermann les retient. HERMANN.
Soyons à la hauteur d'une aussi grande tâche : Que jamais de nos cœurs Tespoir ne se détache; On nous redoute encor, profitons-en ; il faut Braver tous les dangers, tous, même Téchafaud.
Sigismond, qui sait bien quels pouvoirs sont les nôtres. Nous traite en conjurés beaucoup plus qu'en apôtres; Et, jaloux d'un éclat qui fait pâlir le sien , Il veut jeter l'oubli sur notre culte ancien. Il n'ose pas encor nous attaquer en face ; Mais sa grandeur augmente et la nôtre s'efface; Faudra-t-il nous voir tous livrés à sa merci?
RODOLPHE
Non , jamais I
HERMANN
Autrefois ce n'était pas ainsi :
Autrefois on voyait TAllemagne agitée Se taire en écoutant notre voix redoutée; Devant notre nom seul tous les fronts pâlissaient; Et quand nous commandions, les rois obéissaient. Nous pouvions accomplir notre mandat sublime; L'assassin dont la haine allait commettre un crime , Redoutant notre nom bien plus que le bourreau, Gardait sa haine au cœur et sa dague au fourreau. La vertu triomphait ; la loi, gardienne austère, Fesait planer la mort sur la femme adultère; Le parjure qui trompe et le fourbe qui ment Sur leur lèvre blcmie arrêtaient le serment; L'infâme renégat dont l'âme est achetée , Croyait voir le poignard sur sa tête; l'athée
Qui savait que noire œil s'ouvre et veille en tout lieu.
De sa profane voix n'osait plus nier Dieu.
El) bien I c'est sur nous seuls que l'avenir repose.
Il faut tenter un coup pour sauver notre cause ;
Unissons nos efforts et notre zèle ardent ,
Et nous triompherons I . . .
Wolkstein et Léopold sortent; Rodolphe demeure seul avec Hcrmann.