‹ La Fille du juif-errant [microforme]Chapitre 3 sur 89 · LES PARENTS DU VICOMTE PAUL · texte numérisé non relu

LES PARENTS DU VICOMTE PAUL

Donc, la petite mère du vicomte Paul avait nom Louise, Elle était la filleule du roi Louis XVIII Le petit père du vicomte Paul, le colonel comte Roland de Savray, commandait le 3° hussard, en garnison à Tours. Il avait trente-cinq ans; sa femme avait vingtsix ans. Ils étaient beaux tous les deux et bons: ils dépensaient noblement une fortune princière.

On disait par la ville, car les gens heureux sont entourés de jaloux, que, la veille de son mariage, M. de Savray était un sous-lieutenant de cavalerie, pauvre

| d’écus, mais riche de dettes, et grand joueur de bacca-

| rat : k | On ajoutait que la fortune de Louise, la filleule du 1 : roi, était plus brillante que solide. Ses fermiers vivaient ut \ | on ne savait où. Î | Ces gens qui vont partout chuchotant des bavar- dl | dages de mauvais augure, disaient même que ce petit é d | vicomte Paul, élevé comme un prince, pourrait bien û un jour en rabattre sur son orgueil. L Et, chose singulière, le nom de Lotte se trouvait à | mêlé à ces pronostics de l'envie qui se venge. Pour- I | quoi encore ? ü Nous verrons bien. 4 d | Ce que nous pouvons dire tout de suite, c’est que 4 c. l.| Lotte ne prophétisait malheur à personne et qu’elle É || | était dans la maison par charité. .-} ri | \ b | | g:

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fl | III d fl! ul [ln à (|| COMMENT LE COMTE ET LA COMTESSE DÉSOBÉIRENT la (| UNE FOIS À LEUR FILS UNIQUE de | mn ||!

| 1 po fl Le vicomte Paul n'étant pas invité à la préfecture, 4 | | on avait dû le laisser à la maison. Ce n’était pas une in || | mince affaire. Le vicomte Paul n’aimait pas qu’on : |

s’amusât sans lui, et il était un peu le souverain maître

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dans cette opulente villa qu’on avait louée tout exprès pour lui et qui dominait, du haut de ses terrasses fleuries, le large fleuve, la levée, la ville, le lointain des vastes forêts : toute l’admirable campagne tourangelle.

L’air valait mieux ici pour le vicomte Paul.

Il faut toujours tromper les tyrans. Les corybantes chantaient et dansaient dans l’île de Crête pour empêcher Saturne d’entendre les cris de Jupiter enfant. A l’heure où la voiture attelée vint au bas du perron attendre le colonel de Savray et la belle vicomtesse Louise pour les emmener à la préfecture, lui en grand uniforme, elle en fraîche toilette d’été, toute la maison s'était emparée du vicomte Paul, chantant et dansant comme les prêtres corybantes.

Si bien que le comte Roland et la comtesse Louise, riant comme deux écoliers espiègles qui risquent l’école buissonnière, purent descendre la colline et prendre au galop la grande route qui mène à Tours, sans encourir le velo de leur seigneur et maître, ce superbe bambin de vicomte Paul.

Il est vrai que Louise emportait le remords de ne l’avoir point embrassé au départ.

Tout le long du chemin, on causa de lui, et plus d’une fois le sourire de la jeune mère se mouilla. C'était un enfant idolâtré.

Quand M. le comte et M'° la comtesse entrèrent à la préfecture, il y eut émotion. Le préfet s’agita, la préfète dépensa plusieurs sourires et alla jusqu’à demander des nouvelles du vicomte Paul. Oui, vraiment, la préfète !

Parmi les messieurs et les dames qui attendaient le potage, on causa ainsi :

— Colonel à trente-cinq ans ! dit la présidente avec une élogieuse amertume, voilà ce qui s’appelle aller !

— Bientôt général ! ajouta la receveuse particulière, une enthousiaste.

— L’air-un peu trop content de lui-même glissa le procureur général. t des protections.

— Îl y a de quoi être content ! fit observer M. le maire,

— Deux cent mille livres de rentes ! chiffra aussitôt le receveur général.

— Le crédit de sa femme... commença aigrement la maréchale de camp,

— Toujours jolie, sa femme ! s’écria la receveuse particulière,

— Filleule du roi ! ponctua M. Lamadou, commandant de la gendarmerie,

— On raconte une histoire. insinua la directrice de l’enregistrement.

— Oh! plus d’une! interrompit la maréchale de camp. Celle du Juif-Errant est drôle !

— Et cet éblouissant colonel est joueur comme les cartes, vous savez ? fit le chef du parquet.

— On pourra. bien voir une culbute ! chantèrent en chœur plusieurs voix.

Les deux battants s'ouvrirent, laissant passer ces mots heureux :

— Madame la préfète est servie !

Sir Arthur n’avait rien dit,

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