‹ La Fille du juif-errant [microforme]Chapitre 44 sur 89 · MÈRE ET FILS · texte numérisé non relu

MÈRE ET FILS

C'était le vico fois, le vicomt

, ait à son père,

mais il était plus beau.

Autour de son front des cheve Ses grands yeux bleus exprimaie lance,

— J'aurais à te parler, dit-il en s'adressant à Joli- Cœur, et avant même d’embrasser sa mère. Est-il

vrai que le comte de Savray, mon père, passe la nuit à marcher dans sa chambre ?

— C’est vrai, répliqua le hussard.

— Est-il vrai que son lit n'est jamais défait ?

ux blonds se bouclaient.

nt la tristesse et la vail-

p2 LA FILLE DU JUIF-ERRANT

— C'est vrai, répéta Joli-Cœur. Ceci, cela et le reste. Tout ce qu’on dit de lui est vrai. Mais est-ce bien M. le comte ? voilà ce que nous ne savons plus.

Paul baissa la tête en fronçant le sourcil.

Il s’approcha de sa mère, qui le pressa contre son cœur avec plus de tendresse encore qu’à l'ordinaire.

: — Tu as quelque chose à me dire? murmura-t-elle.

— Oui, ma mère.

Elle fit un signe. L’abbé, Fanchon et Joli-Cœur se retirèrent dans la pièce voisine.

Or, nous savons que l’abbé, depuis plusieurs années, était aux gages du gros petit docteur Lunat, spécialement pour compulser tous les bouquins écrits en toutes langues sur ce mythe qui a traversé les siècles : le JUIF-ERRANT,

L'abbé, trouvant des auditeurs dociles, vida son sac, et dit des curiosités bien extraordinaires, — principalement au sujet du Pharisien Nathan, qui louait le temple aux marchands. Ce Pharisien est le quatrième Juif-Errant et soixante fois milliardaire.

Le cinquième est le valet de Caïphe.

Le vicomte Paul, lui, s'était assis sur un tabouret, aux pieds de sa mère. Il mit sa tête blonde sur les genoux de la comtesse Louise, qui lisait dans ses grands yeux bleus comme un livre.

— Tu souffres ? dit-elle.

— Pas quand je suis ainsi, près de toi, mère chérie, répondit-il tandis qu’un sourire naissait autour de ses lèvres.

le 4

n 3, e Ÿ je L’'AVEU e , Elle se pencha Pour mettre un long baiser sur ce front # doux comme celui d’une jeune fille.

e — Mère, dit Paul, .si je ne t’aimais pas si bien, je k Mmourrais, Je suis toujours seul. Je fuis ceux de mon Âge pour ne pas entendre ce qu'ils disent, car ils disent souvent du mal de celui dont tu , — C’est vrai,

savant maintenant, mon Paul ch savant que l’abbé Romorantin qui cro bonheur passé, à la tendresse, à la

Roland de Savray, mon mari bien aimé... Ah ! situ pouvais te souvenir |...

— Je ne me souvieng

une sorte de gémissement La comtesse ne 1’

— Si tu savais co

que trop ! murmura Paul en

entendit pas et poursuivit:

mme moi quel cœur c'était que ton

père ! combien de délicatesse et de belle fierté! que d'amour ! que d’honneur !.….

— Je crois à cela, ma mère, interrompit le vicomte Paul dont les yeux étaient mouillés de larmes. Je crois à cela comme je crois en Dieu !

— À quoi donc ne crois-tu pas, mon chéri ? demanda la comtesse Louise.

Paul resta un instant silencieux, puis il se couvrit le visage de ses mains.

— Il y a des choses qui sont impossibles ! murmurat-il enfin avec découragement. Il faudrait croire aussi à Barbe-Bleue, à Croquemitaine, à l’Ogre, au Petit-

: Poucet... tandis qu’il y a bien des exemples, ma mère, bien des exemples avérés d'hommes au cœur bon, loyal, chevaleresque même, qui torabèrent tout d’un coup au plus profond de l’abîme du mal !

— Enfant, dit la comtesse avec une fermeté douce, si je me trompe, laisse-moi mon erreur. Je veux bien mourir, mais que ce ne soit pas par toi !

Paul s’agenouilla, dévorant de baisers les pauvres belles mains froides de la comtesse Louise.

— Oh ! mère ! mère ! reprit-il d’une voix où les larmes contenues tremblaient, je croirai à tout ce que tu voudras.. Mais tu m’as arraché la promesse de ne jamais risquer dans un duel ma vie qui est à toi...

— Qui est à Dieu ! rectifia la pauvre mère.

— On m'a insulté...

— Déjà !

— Rends-moi ma promesse, ma mère |

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