ÉPILOGUE
Par une splendide journée d’août, le soleil couchant enflsmmait le coude gracieux que fait la Seine au bas du coteau de Meudon.
Dans le salon d’un cottage charmant, dont les fenétres regardaient le fleuve, le colonel comte Roland de Savray, brillant comme jadis, causait avec la comtesse Louise au fond d’une embrasure. Roland appuyait ses lèvres sur les mains de sa femme, embellie par le bonheur.
Le vicomte Paul, qui ue se sentait plus de sa blessure, était auprès de Lotte, douce comme une sainte. Ils parlaient de leur union prochaine.
Le bon abbé Romorantin cherchait à obtenir quelques renseignements très délicats d’un homme de grande
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Par les portes ouvertes, on voyait les figures curieuses de Fanchon la nourrice et du hussard Joli-Cœur.
Six coups tintèrent au vieux clocher de l’église.
Isaac Laquedem dit :
— Mes amis, je vous fais mes adieux. Mes vingtquatre heures de congé sont révolues.
Tout le monde l’entoura aussitôt, pendant que Fanchon chantonnait :
Messieurs, le temps me presse, Adieu la compagnie.
Grâce à vos politesses,
Je vous en remercie.
— Quoi ! déjà ! s’écria la comtesse Louise en pressant les deux mains d’Isaac.
— Îl le faut, répondit-il, on m'appelle.
— Qui? demanda le comte.
— L'ange, répondit Isaac, qui se pencha vers Lotte, la jeune fiancée, et la baisa au front.
Lotte souriait. Les autres avaient des larmes dans les yeux.
. — Je veux prier l’ange, s’écria le vicomte Paul, pour qu’il vous laisse avec nous ! Quel nom a-t-il ?
— Il a nom l’Expiation.
Isaac était déjà au seuil du salon. Sa main toucha ses lèvres et envoya un baiser à tous ceux qu'il aimait.
On le vit bientôt sur un grand chemin qui longe la rivière. Le soleil couchant jouait dans les mèches éparses de ses cheveux.
— Lotte Î cria tout à coup le vicomte Paul, car il venait d’apercevoir une petite ombre blanche qui marchait aux côtés du voyageur, derrière l’ange, ministre
de la misé:icorde infinie du grand Dieu : Lotte | ne m’abandonne pas !
-— Je suis là, répondit une douce voix, à ses côtés.
— Vous voyez bien qu’elle est double ! murmura le bon abbé Romorantin à l'oreille de Fanchon la nourrice. Voilà un fait acquis à la science !
Le voyageur tournait le coude du chemin du halage et disparaissait derrière les peupliers. La brise du soir apporta son chant triste et doux qui disait :
Le dernier jugement Finira mon tourment…
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1lage | soir