ACTE PREMIER
LE ROI, à la reine qui parait absorbée dans ses réflexions.
Vous ne faites pas voire compliment au chevalier , madame?
Pardonnez- moi, sire!... (Regardant autour d’elle.) Cela est d’un effet charmant.
GRAMONT
C’est une mode d’Italie, madame.
LA REINE, prenant M. de Gramont & part.
Dites-moi, monsieur de Gramont, n’est-ce pas Charles et Catherine dont vous avez tracé là les initiales en lettres de leu?...
GRAMONT
Et quels autres noms?
LA REINE, souriant tristement.
Hélas! monsieur, j’ai bien peur que le roi n’y lise Charles et Castelmaine! (Pendant ces quelques mots, le roi, Buckingham et quelques seigneurs se sont groupés autour de madame de Castelmaine, assise sur une chaise rustique. Le roi, penché vers elle, lui parle au moment où la reine se retourne. Madame de Castelmaine se lève et offre respectueusement sa place h lu reine.) , ,
MADAME DE C VSTELMA1NE
Madame!... (La reine s’assied et so tourne vers miss Fielding avec qui elle parlo bas.)
LE ROI, revenant b Gramont.
Savez-vous, chevalier, que vos violons nous seront fort utiles? ces dames se sont mis en léte de danser des ballets comme à la cour do France.
GRAMONT
Votre Majesté a-t-elle un maître de ballet?
On m’assure que monsieur Jacob Hall est l’homme qu’il me faut.
PETERS, s'avançant.
Moi, sire?...
LADY MUSKERRY, b part.
C’est lui !
MUSKERRY, sc retournant.
Plüît-il?
LE ROI, b Peters.
Remerciez madame de Castelmaine, monsieur; car c'est à sa recommandation que je vous donne cet emploi.
PETERS, s’inclinant profondément devant madame de Castelmaine.
Madame!...
MADAME DE CASTELMAINE
Ne comptiez-vous pas sur ma reconnaissance?
PETERS, faisant deux ou trois révérence en se reculant.
Ail! madame!... (A la dernière révérence, il se heurte contre Muskerry qui le repousse rudement.)
MUSKERRY.
S’il VOUS plaît! (Peters se retourne et pirouette sur lui-même en reconnaissant Muskerry.)
LE ROI, s’avançant vers Muskerry en riaat.
Eh! c’est ce pauvre Muskerry!...
MUSKERRY.
Mais... sire!... en quoi... pauvre?
LE ROI
En gaieté, Muskerry!... (Se retournant vers Gramont.) Eh bien, chevalier, vos violons nous laissent languir; voyez avec quelle impatience lady Muskerry attend le premier coup d’archet! Ne savez-vous pas qu’elle adore la danse?...
MUtjKERIlY, entre ses dents.
De COrde 1 (Gramont fait signe aux violons qui commencent h jouer un menuet. Buckingham vient offrir la main a lady Muskerry. Quelques gentilshommes avec d'autres dames se mettent en place. Le veste des assistants se groupe ça et là ; on attaque les premières ligures d’un menuet.)