‹ La fille du mauditChapitre 70 sur 117 · I.A DUCHESSE · texte numérisé non relu

I.A DUCHESSE

Enfant!... je vous dirai mes douleurs, et vous n’oserez plus me parler des vôtres 1... Venez à mon secours, monsieur Wilson I la voix d’un père se fera mieux écouter sans doute que celle d’une étrangère !

ANNA

Vous n’êtes plus une étrangère pour moi, madame, et ma reconnaissance...

LA DUCHESSE

Ne me parlez pas de reconnaissance, mais, si vous le voulez bien, promellez-tnoi un peu d’amilié... vous le lui permettez, n’est-ce pas, monsieur Wilson ?... ce n'est pas un vol que je ferai à son amour pour vous; car je sens bien, à la tendresse qu’elle m’inspire déjà, que je vous la rendrai heureuse et sourianie... oui, ce sentiment douloureux que m'avait faitéprouver d’abord sa présence, — pourquoi m en cacherais je? son nom me rappelait celui de ma fille; votre joieine donnait la mesure de cequej'a vais perdu; — ce sentimenl, monsieur Wilson, a fait place a un intérêt indéfinissable dont le charme me péneire et tne domine!... Tout à l’heure en voyant ce regard doux et pur, en écoutant cette voix claire et limpide, je médisais: Ma lîlle aurait cette voix et ce regard .. et, comme je fermais les yeux pour revoir dons le passé les traits de ma peine Anna, voyez l’étrange illusion 1... ils se confondaient dans ma mémoire avec ceux de votre fille, et il me semblait que votre fille était ia mienne !

ANNA, s'inclinant devant la duchesse, en loi prenant ta main.

Madame !...

HEWLET, h part.

O torture!...

LA DUCHESSE, serrant les mains d’Anna.

Anna!... A h 1 laisscz-moi vous appeler de ce nom bien aimé que je ne puis prononcer sans larmes!. . Anna!... oui, je vous dois un moment Je bonheur que je n'oublierai pas 1 tout ce qu’un amer regret a laissé de place dans mon cœur, je vous le donne. Ah I je ne sais pas vos peines; mais si vous étiez ma fille, comme je les aurais bientôt consolées! comme j’aurais vite ramené ie sourire sur vos lèvres !... comme je

Page 1