‹ La fille du Tintoret drame en cinq actes et six tableauxChapitre 3 sur 67 · PREMIER OUVRIER · texte numérisé non relu

PREMIER OUVRIER

Soyez tranquille, maître Andrea, je viens de rencontrer Valerio au bord du grand canal... il rêvait, assis sur une pierre, et, à la façon dont il regardait couler l’eau noire, il avait plutôt envie de s’y jeter que de rentrer chez lui... Nous avons bien le temps.

ANDREA

C’est égal, dépêchons... Faites toujours bonne garde, vous

autres. (On entend un craquement épouvantable.) Mille diables!.. Ne

sais-tu donc pas ton métier, misérable Paolo!.. que t’ai-je dit?...

DEUXIÈME OUVRIER

Vous m’avez dit de faire en sorte que, sur l’ordre du mailrc et d’un seul coup de hache, cette cloison pût voler en éclats et s’écrouler dans le canal.

A LA FILLE DU T1NT0RET

ANDREA

Eh bien?..

DEUXIÈME OUVRIER

Vienne l’ordre, et la chose se fera.

ANDREA

Tonnerre ! j’ai cru que toute la baraque allait nous tomber sur la tête.

DEUXIÈME OUVRIER

Dame! je ne peux pas l’empêcher de craquer... ces maudites planches ne tiennent plus guère...

ANDREA

Pourvu qu’elles restent debout jusqu’au signal convenu...

UN LAQUAIS, en vedette au foud.

Un homme se dirige de ce côté...

ANDREA

Silence partout!.. Au diable l’importun!... Dites-lui de rebrousser chemin, et jetez-le à l’eau s’il refuse. — Mais, attendez! cefte face de hibou, cette désinvolture de sacripant... Eh! Dieu hie damne, c'est le camarade Spalatri...

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