‹ La fille du Tintoret drame en cinq actes et six tableauxChapitre 61 sur 67 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

D’AREZZO, seul.

Les chants des funérailles ont cessé... les cierges viennent de s’éteindre... on va refermer les portes de Saint-Marc... Bientôt il n’y aura plus dans la nef que les gens du procurateur et les plus dévoués de mes bravi, car la fausse nouvelle du fléau, habilement répandue par moi, a frappé Venise d’épouvante, et

[ ærsonne ivose encore sortir de sa maison. Ainsi, dès que 'heure sera venue, je pourrai regagner ma gondole Sans être soupçonné, sans être vu même... J’ai donc réussi! j’ai donc mene à fin cette vengeance digne des Médicis et des Borgia mes maîtres!... Sur ce lit de parade est étendue la belle fiancée de Valerio, l’orgueilleuse fille du Tintoret... Oui, mais au fond de ce caveau sépulcral dort à jamais la pauvre Metazza!... Est-il possible que j’aie brisé sans pitié cette petite fleur, si pleine pour moi de suaves parfums; que j’aie étouffé froidement cette frêle et palpitante colombe, dont le chant était pour le damné comme un ressouvenir du ciel!. . En vérité, c’est la première fois que je comprends la douleur, que je connais le remords!... Ah! si je pouvais lui rendre la vie!... la vie, maintenant qu’elle me connaît tout entier !.. La vie! poqr qu’elle m’écrase de son mépris!... Non, non!... mieux vaut qu’elle soit morte, puisqu'elle était à jamais perdue pour moi!... Que mes passions, maintenant, se déchaînent en liberté; je n’ai plus de frein qui m’arrête; j‘ai tué mon âme!... À l’œuvre !... (il aort par le fond.)

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