RAYMOND, ERNEST
ERNEST , se promenant. Diable d'avcntiue ! elle tniuiie bien ridiculement pour moi... Conuuent Léonie peut-elle?... elle se sera trouvée mal sans dôme.. [Touchant son liras malade. } Pardieu ! je voudrais bien être hors d'ici.
tE MAGASIN THÉÂTRAL.
nAYMO\D, venant derrière lui. Je le crois, monsieur.
^R^EST , se relournant Tioemcnl. Quelqu'un... dialjle I
UAVMOVD , hrusifucmcnl. Que faitesvous là?
ERiVEST, plus emhanassé. Ce que je fais, monsieur? ma foi, je serais fort embarrasse de vous le dire.
n..\YMO.\D. Répondez... répondez.
KR.MEST, s'impaticntant. Eli 1 répondez vous-niénu-...Qui étes-vous? avez-vous le droit de ni'interrojjer ?
RAYMOND, m'ec hauteur. Je le prends.. j'haljite la maison.
F.R.^iE.ST, gciînieiit. Je voudrais bien être à votre place.
RAYMO\D. Parce que ..
ER\EST. Parce que je saurais le chemin
pour en sortir... Eli! mais vous devez
être monsieur Kayniond, un jeune lionnne grave, qui a joué aux dames ce soir, au lieu d'aller au ])al : un jeune homme fort heureux, dont les demoiselles s'occupent, même pendant qu'elles dansent.
n\Y.MO\D. \ous voulez plaisanter.
ER\E.ST, du même lim. Pas trop. RAY1I0M» , /;// salsisniiit le liras. ]\Ionsieur...
ERNEST. Ah I doucement, je vous prie...
( En riant. ) Ce bras blessé , foulé ne
peut ])as se ])rèter sans quelque peine... à votre |)olitesse.
RAYMOAlD. Si vous n'êtes pas un làclie, vous vous battrez. (Signe d'adhr.sion d'Ernest.) A l'instant. [Ernest secoue la tète , en
rian.) Je ne suis pas un lâche mais je
ne me battrai pas à l'instant... impossible.
RAYMOM). Ah! impossible j'en suis
facJK-; mais...
ERNE.ST. J'en suis plus f.îché que vous... mais je ne sais me battre que de la main droite; et vous voyez, monsieur, qu'.nvec la meilleure volonté du monde , elle est hors d'état, pour le luomeiH, de vous of
fiir un COU]) .j'épée, ou de pistolet
J lus t.ird, j'espère liieii mais avant....
dans I intérêt de la partie de plaisir convenue, ( // upimie sur ce dernier mol) je réclamerai de vous la faveur d'un petit service.
RAiMO!VD. parlez , monsieur.
ER\EST. Si vous êtes un galant hoimiie, comme je n'en doute pas, vous m'aidnez ;i me dérober à la vue des gens qui me
cherchent [plus luis) par rgard jiour la
léputation d'une jeune demoiselle.
RAYMOM). .^h I vous av(;z raison , monsieur ; et dans ma colère, j'oubliais
mais je ne sais trop à moins de vous
conduire chez moi. (On entend un coup de fusil au jardin.) Eh !...
REi TRA\D , en dehors. Il est tombé
il est tombé pour le coup !
RAYMOND. Etiez-vous avec quelqu'un?
ER\E,ST. Oli : l'on ne prend point de second pour l'affaire qui m'.nmenait... ils auront tiré sur mon manteau resti' accroche au mur ; et qui par parenthèses a été ciuse de ma chute... iMais, monsieur, l'on vient... je vais être vu , et... si vous tenez à conserver votre victime.
RAYMOND. Ils nous ferment le chemin de chez moi... Attendez , je vais les retenir
un instant jetez-vous là, derrière ce
chevalet... je suis à vous.
(U son (Iti colé lîu jardin. Ernest se cache derrière le chevalet qui se trouve enlre lu porte du fond et celle de la chambre de Lc'onie.)