SCÈNE PREMIÈRE
KIGÉRIK, TOTILO, AGLOO, TOUMODI
Kigérik, fils du roi des Amaras, Totilo, son précepteur, deux camarades, Agloo et Toumodi, arrivent par la gauche, au second plan. — Teints basanés, traits réguliers, hautes et belles statures. — Ils sont vêtus de draperies blanches et s’appuient sur de longues cannes plus ou moins ornées. — Une escorte de guerriers armés, les uns de fusils démodés, les autres de lances, ferme la marche.
KIGERIK^ s’arrêtant près de la source.
Halte 1
TOTILO
En efiFet, prince, je crois que nous ferons bien
d’attendre ici. La chaleur est étouffante, et nous ne pouvons pas marcher indéfiniment à la rencontre de l’armée.
KIGÉRIK, s’agenouillant au bord de la source.
^J’ai soif ! (Il se penche pour tremper ses lèvres dans l’eau qui sort de terre à gros bouillons. Son précepteur l’arrête.)
TOTILO
Attendez !... (A Toumodi.) Toi, Toumodi, coupe un roseau pour que Son Altesse aspire l’eau à travers sa tige : on boit moins vite et on ne risque pas de
se faire mal. (Toumodi coupe le roseau, l’ébranche, façonne les deux extrémités et le présente à Kigérik qui, aussitôt, s’en sert pour aspirer l’eau à longs traits.)
KIGERIK, poussant un long soupir de béatitude.
Ah I... ces eaux de montagnes !... C’est une fraîcheur qui vous parcourt !... (il se remet à boire. Quand il a fini ;) Tiens, Totilo. (I1 lui tend le roseau.)
Que Votre Altesse m’excuse, j’en ai grande envie, mais j’attendrai que j’aie moins chaud.
AGLOO, prenant le roseau des mains du prince et riant.
Alors, à moi, pendant qu’il en reste, (il aspire l’eau.)
TOUMODI
Que de cérémonies dont on peut se passer ! (ii se
met à quatre pattes et s’abreuve. Les soldats en font autant sur le parcours du ruisseau.)