‹ La fille sauvageChapitre 33 sur 100 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

PAUL, d’iin ton d’amicale gronderie.

Qil’est-ce que j’entends ?...

MARIE, plaintivement

Non, pas heureuse !...

PAUL

Tu l’étais davantage là-bas, dans les montagnes ? (Elle fait signe que oui.) Pourtant tu avais froid, tu ne mangeais pas toujours à ta faim... Qu’est-ce que tu regrettes?... (immobile, elle regarde fixement le vide.) Quels yeux!... Te voilà toute changée!... As-tu mal? (il

lui passe affectueusement la main sur le front.) Mais Oui, elle a le front brûlant !... Donne-moi tes mains !... (il les presse et les réchauffe longuement dans les siennes.) KlleS SOnt glacéeS ! (Marie, les yeux remplis de sombre angoisse, la poitrine gonflée, les coudes en arrière, approche sa figure tout contre celle de Paul, sans d’ailleurs chercher à l’embrasser, Avec douceur Paul tâche de la maintenir à distance.) Es-tu follc ?... (Elle revient avec un acharnement silencieux appliquer sa personne contre celle de Paul qui la repousse avec violence.) Marie !... C’cst très mal !... Mère Amélie le saura!... Tout le couvent!... Quelle honte !... (S’exaspérant.) Sur le iiavire je t’ai fait donner des coups de corde; on te triquera encore s’il le

faut ! (Marie, luttant avec Paul, a reculé jusque devant la chapelle; là, pendant un instant où le combat se poursuit en silence, retentissent trois coups également espacés, frappés de l’extérieur sur la porte de la chapelle. Marie s’arrête comme foudroyée, se retourne, regarde cette porte et tombe prosternée le front sur le parquet. Paul à lui-même. Sœur Monique !... (Un silence, Paul écoute ce qui se passe dans la chapelle.) Elle doit être partie ! (il ouvre toute grande la porte de la chapelle.) Regarde, Marie, il n’y avait personne que Dieu qui te voyait!... Va lui demander pardon !...

(Rampante et les yeux fixés sur l’autel, Marie se traîne dans la chapelle.

Paul tandis qu’elle s’éloigne.) Ah 1 pauvrc humanité qui ne monte qu^en rampant ! (Quelques secondes après, entrent Jean et Mère Amélie, à laquelle Paul montre Marie qu’on deyine prosternée

devant l’autel.) Sœur Monique est partie. J’ai envoyé Marie prendre sa place, comme tu me l’avais recommandé.

RIDEAU

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