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eux, on se demande où ils s’arrêteront, et
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toute police, avecune pareilletourbe, devient absolument impossible... Quant au fond même de l'affaire, mon opinion, si j'avais également à en émettre une, serait de fermer absolument, et sans aucune exception, toutes les maisons de rendez-vous. Leurs avantages, si elles en ont, ne peuvent pas faire passer sur leurs inconvénients.
— Vous savez que ce n’est pas l'avis du rapporteur municipal, et que son Rapport, au contraire, conclut chaleureusement en faveur des maisons de rendez-vous?
— Oui, je le sais... Mais le rapporteur municipal s'occupe de la question en journaliste qui aime à s'apitoyer sur le sort des prostituées, et non en administrateur qui a
mission de veiller à l’ordre. Ils sont ainsi
toute une école d'hommes de plume et de
philanthropes qui demandent la liberté absolue de la prostitution, qui veulent la
dignité et le bonheur pour les femmesquis'y
SR AC A PE D VE PS OP PE PA DC EU AS OS TUE TS EN CON SE À o # Ÿ st we à Lie Ve .
livrent, l'abolition de toute réglementation,
et qui ne se doutent pas, ou ne paraissent
passe douter de ce qu’ils réclament. L’éloge
des maisons de rendez-vous, dans le Rapport municipal, et, passez-moi l’expression, l’article qu'on y fait pour elles, sont là pour
aboutir à la suppression de la réglementa-
tion en matière de mœurs.Or,la suppression
de la réglementation serait une folie, et le régime n'en durerait pas six mois. De même encore, d’après d’autres abolitionnistes, on devrait, sans donner absolument carte blanche à la prostitution, la soumettre à
une espèce de droit commun, et déclarer le
racolage une simple contravention. Eh!
bien, ici encore, on à surtout en vue le:
bonheur des prostituées, et toutes ces opinions sont des opinions d'hommes de cabi-
net. Si on déclarait simplement le racolage
une contravention, il augmenterait immé-
diatement dans des proportions considé-
rables, et le premier résultat del'innovation
serait de coûter énormément d'argent à
lP'État. Sauf exception, en effet, les raco- 4
leuses sont des professionnelles, et unecon-
travention leur serait absolument indiffé-
rente, car elles sont habituées à pirequeca,
et totalement insolvables d’autre part. Elles
se moqueraient donc parfaitement d'être
condamnées à des amendes qu'elles seraient
sûres de ne pas payer, se feraient dresser procès-verbaux sur procès-verbaux, recom-
menceraient tranquillement après chaque
procès-verbal, et qui est-ce qui palerait tous | “2
cesprocès-verbauxensouffrance? LeTrésor,
puisque c’est lui qui paye, lorsque les con-.
trevenants ne peuvent pas le faire! Ainsi,
ne parlons pas de contravention, et voyons
si, raisonnablement, on pourrait suppri=
mer la réglementation... Le Rapport muni-
cipal n'en veut plus, et entonne le dithy- +0
rambe enl'honneur des maisons de rendez-
vous, parce que les maisons de rendez-vous
ei la liberté de la prostitution se confondent, | or, dans Pétat actuel, avec le cynisme des < hommes et la véatité des femmes, la suppression de la réglementation soulèverait
la population parisienne ! Fréquemment,
. lorsque certains journaux ont. mené une
campagne un peu vive sur les erreurs commises, ou soi-disant commises dans un
quartier, parles agentsdes mœurs, on donne
LS” ordres pour abandonner momen-
À tanément le quartier à une prostitution rela-
14 tivement libre. Savez-vous ce qui ne man-
- que jamais alors de se passer ? Le quar- Le tier, presque immédiatement, devient inha- | bitable pour les honnêtes gens, et les récla-
< mations des habitants arrivent de tous les côtés, avec un tel redoublement, qu'il faut
à faire un nettoyage. On le fait, mais en étant | forcé de procéder avec plus de brutalité
encore qu'auparavant. Et qui est-ce qui paye.
la campagne des journaux r Les files, en faveur de qui on l’avaitfaite !.. Maintenant, ce qu'il faudrait aussi savoir, c'estcomment et pourquoi se font quelquefois ces campagnes de journaux. Je vous ai déjà cité
plus d'un cas surprenant, mais je vais en-
core vous en citer un, c'est celui de certains
journalistes qui ont parfois entrepris des campagnes contre la Police, uniquement parce qu'ils vivaient eux-mêmes avec des racoleuses, et des racoleuses qui avaient été condamnées pour entôlage !... Voilà tout le secret de certaines campagnes de presse, et, pour en revenir aux maisons de rendezvous, il serait non pas même sage, mais urgent de les fermer, et de les fermer toutes, radicalement. Elles sont interdites à Berlin, elles sont même interdites à Londres, où il
y a pourtant une si grande liberte, et partout,
à l'Étranger, la tendance est de les sup-
primer. Si on les supprime ainsi partout,
c'est quil y a probablement de bonnes
- raisons pour le faire, et on se demande, - alors, pourquoi nous mettons autant d'insistance à les favoriser chez nous, lorsqu'on
les interdit avec autant de rigueur chez les voisins ? Car plus on juge à propos de sen débarrasser ailleurs, plus on en laisse ouvrir, et plus il s’en ouvre ici! Avant 1900, d’après le Rapport municipal lui-même, elles n'’existaient à Paris qu’en nombre ‘à insignifiant. On n'en comptait Das dix, F- Et, tout à coup, en 1903, elles sont déjà | soixante-seize: Un an seulement plus tard, E en 1904, elles passent à cent vingt-six. Elles avaient presque doublé! Combien sontellesaujourd’hui? Combienseront-elles dans dixans ? On ne peut même pas le calculer !.…. Et vous avez déjà pu voir qui elles ont quel- 4 - quefois pour patronnes. L’une estuneinsti- | tutrice, une autre s'est formée aux cours du
soir, une troisième se propose d'écrire ses
mémoires, une quatrième est pourvue de tous ses brevets, une cinquième appartient
au mondelittéraire! En poursuivant larevue,
vous en auriez encore rencontréunesixième
quiest la fille d’un sous-préfet devenu en- .
suite rédacteur en chef d’un journal, une
septième ayant longtemps vécu, comme
matrone, avec un secrétaire de rédaction, et même une huitième qui, exerçant également son mèêtier de matrone, était maîtresse d’un ministre | Le ministre lui envoyait ses lettres par une estafette, et on
voyait l’estafette stationner devant la mai-
son. Un jour même, le mari de la patronne #
recevait les palmes académiques. L'’es-.
tafette les lui avait peut-être apportées.
— Etl'ancien sous-préfet rédacteur en chef, qui est-il P Et le secrétaire de la rédaction ?... Et le ministre ? | — Ici, je ne vous répondrai qu'une
chose... Ils sont morts tous les trois.
nt les proxénètes P
__— Deux font encore le métier, la fille : de cn sous-préfet et la maîtresse du.
secrétaire de rédaction... La troisième, la maîtresse du ministre, n’exerce plus.
— Comment s’appellent-elles P
___ La maîtresse du secrétaire de rédaction est la Get celle du ministre est: