‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 70 sur 511 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Comme son titre V indique, ce livre a pour objet l'étude des deux phases successives de révolution qui s'est accomplie dans V organisation administrative de la France, à une des époques les plus décisives de son histoire. Le domaine chronologique de cette étude est la courte période des années 1787-1790; son domaine géographique, une des circonscriptions administratives de l'ancienne monarchie : la généralité de Caen. Dans ce double cadre, elle embrasse et confond les derniers jours d'un régime d'autorité qui s'effondre et les premiers jours d'un régime de liberté qui s'édifie.

La première partie (chapitres I à IX) est consacrée à la Fin de l'Ancien Régime. Si les intendants des pays d'élection avaient été, au cours du XVIIIe siècle, les agents tout puissants de la royauté, plus d'un s'était aliéné, par des actes arbitraires, la confiance de ses administrés. L'institution était déjà condamnée par l'opinion publique, lorsque la réforme décrétée par l'édit de juin 1787 vint entamer le pouvoir du dernier des intendants de Caen, Cordier de Launay, en créant dans le ressort de sa généralité une administration provinciale de Basse-Normandie, et en substituant à son autorité, jusqu'alors sans partage, un condominium gros de futurs conflits. L' Assemblée provinciale de Caen, que son mode de recrutement et sa composition aristocratique rendirent impopulaire avant sa tenue, n'eut pas le temps de poursuivre elle-même la solution des importants problèmes qu'on avait soumis à ses délibérations, et qui concernaient l'amélioration du régime des impositions, des travaux publics, et de l'état économique du pays. Elle se borna à en effleurer l'étude, dans son unique session. Les assemblées subordonnées qui, établies aux chefs-lieux des neuf élections ou départements et dans toutes les communautés du ressort provincial, devaient être ses collaboratrices, furent aussi impuissantes qu'elle. En effet, les assemblées de département, réunies deux fois seulement, ne purent qu'ébaucher l'examen du programme de réformes dont elles devaient

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