‹ La fin de Lucie PellegrinChapitre 3 sur 17 · SCÈNE I LUCIE, puis MADAME PRINTEMPS · texte numérisé non relu

SCÈNE I LUCIE, puis MADAME PRINTEMPS

LUCIE, couclide dans son lit, tousse, puis appelle d'unovoix exténuée.

Madame Printemps!... Madame Printemps !... (Après avoir repris haleine.) Cette pipelette qui ne revient pas avec Miss... Jusqu'à ma chienne qui m'a abandonnée. (Eiie

veutse lever, puis relombant.) Je n'ai paS iaforCC... (La touxia reprend.) Madame Printemps, et ma tisane, je veux ma tisane!... Oii! cette madame Printemps! (Eiie se désole.)

MADAME l'IilXTEMPS, arrivant avof un pot de tisaise. Voilà, voilà... la sans-patience! (Remplissant une tasse

qu'elle sucre.) Des exigcnces... des fantaisies... Vous vous

écoutez trop ! (eUc lui donne I;i tasse.) LUCIE, souriant.

Voulez-vous trinquer?

MADAME PHINTEMf'S, se versant aussi.

C'est pas de refus, allez ! J'en ai peut-être plus besoin que vous... (s'asseyant au chevet.) Mos pauvres jambes !

LUCIE, s'interronipant de boire.

Et Miss ?

MADAME PRINTEMPS

Parlons-en, de votre sacrée chienne !

LUCIE, inquiète.

Vous ne me la ramenez pas ?

MADAME PRINTEMPS

Une bête dégoûtante, toujours pleine !

LUCIE

Voyons, où est-elle?... Perdue ?... (euc répand un peu

de tisane.)

MADAME PRINTEMPS, bondissant.

D'abord, vous, tâchez de ne pas salir mon a aigledon » ! (Elle repousse l'édredon au pied du lit). MoU bel aiglcdou

tout neuf, que j'ai eu la bêtise devons prêter, (unsiienc.-.

Puis, radoucie, su mettant à ranger dans la cliambro). Quantà VOtrC

Miss, rassurez-vous : on va la rapporter. Devinez qui?

LUCIE, aprè» rétlexion.

Peut-être ma tante la blanchisseuse î... C'est aujourd'hui son jour... Ma tante que vous aurez rencontrée avec le petit, (m™-^ Priutomps tait ^i-nr que non.) Nou !... Unc

LA FIN DE LUCIE l^ELLEORIN. \)

amie alors? Mon Dieu, je n'en ai plus tant. (r..iiociiiss.nit.) Ah ! Chocholte, autrefois!

MADAME IMUNTEMPS, révoltée.

Cette horreur de Ghochotte ! Dieu garde !

LUCIE

Mais vous savez bieu que j'ai rompu avec elle.

MADAME PRINTEMPS

Pouah !... Taisez-vous! (uu innps.) Et dire qu'en venant j'ai cru lavoir en bas, au cale... Elle avait le toupet de reluquer vos fenêtres, (uiandissaïason baiai.) Que je ne la rencontre jamais plus dans mes escaliers, cette horreur de Ghochotte. (un siieuco.) Mais nous parlions de Miss, qui est en sûreté.

LUCIE

Où donc ?

MADAME PRINTEMPS

Pas loin d'ici... chez Victor, le gros Victor, le marchand de vin du boulevard extérieur... Chez votre ancien... (eiic no dit pas le mot.) Quelque chose de propre encore, que ce particulier !

LUCIE

Vous avez raison : lui, je vous l'abandonne...

(Un silence.)

MADAME PRINTEMPS

J'étais entrée acheter quatre sous de goutte... pas pour moi! une commission... Pendant que le garçon me rendait ma monnaie...

LUCIE

Toujours Charles ?

MADAME PRINTEMPS

Oui... toujours... (continuant.) je crois reconnaître

Miss dans la salle du fond, lorsque tout à coup j'entends : « Madame Printemps!... C'est la concierge à la Pellegrin... Donnez-vous donc la peine d'entrer, madame Printemps ! »

LUCIE, distraite, rêveuse.

La salle du fond... (un temps.) Y a-t-il encore des plantes grimpantes h la fenêtre ?

MADAME PRINTEMPS

Superbes ! (continuant.) Et que vois-je en entrant ? Miss, au milieu de plusieurs dames, Miss comme chez elle, caressée, choyée, bourrée de morceaux de sucre.

LUCIE, étonnée.

Des dames ?

MADAME PRINTEMPS, comptant sur ses doigta.

Elles étaient quatre... La grande Adèle d'abord...

LUCIE

La grande Adèle !

MADAME PRINTEMPS

La grande Adèle, quand je suis entrée, faisait la sauce de son artichaut...

LUCIE

Et puis ?

MADAME PRINTEMPS

Marie la Frisée prenait son mazagran... Héloïse se roulait une cigarette... Enfin l'autre Adèle se tirait les cartes.

LUCIE, cherchant.

Celle-là, je ne la connais pas... L'autre Adèle?

MADAME PRINTEMPS

Une nouvelle venue, débarquée de Nancy, depuis peu.

LUCIE, assise sur son lit.

Et elles vont ramener Miss... Voyons ! madame Printemps, voulez-vous être très, très gentille ?

MADAME PRINTEMI'S, sur la défon^ivo.

Quelque nouvelle fantaisie!... Tenez, vous feriez mieux de prendre votre chloral. (eiic dûbouche un iiacon ci

verse dans une cuillère à café).

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