ACTE TROISIEME
cette terre que nous croyons immobile dans une jonglerie d'astres. Les bornes de l'infinimenl grand seront reculées, celles de l'infinimenl petit rapprochées. Un jour l'homme maîtrisera la nature :1a chaleur, le fluide ambré et l'attraction seront ses esclaves; il volera dans les airs, plongera sous les flots, parcourra le monde sur un char de feu, captivera l'âme que la lumière fait émaner des choses, il bouleversera à son gré l'univers, comblant les abîmes desséchant les mers, joignant les océans, per^ forant les montagnes, et tout cela sera l'œuvre de savants nés de nous,d'hommes qui se feront gloire de se proclamer les serviteurs du Christ et de se découvrir à son nom parce qu'ils se rappelleront le mot de l'Ecriture « Et le Seigneur livra le monde à leurs discussions. »
TERP ANDRE
Il te reste encore bien des obscurités à éclaircir, moine, et ta vie est un obstacle à leur connaissance. Amant de la science, va connaître dans le tombeau l'énigme des choses !
(Il ïaoai mort d'un coup de masse d'armes.)
FRÈRE NORBERT (au SeCOïld)
A ton tour, mon frère.
l'èvêque de laon
Mais c'est ma mort, frère Norbert. Tu m'avais caché le danger.
FRÈRE NORBERT
Oui, mon frère, car je savais que tu n'aurais pas reculé. Un évéque a-t-il peur du martyre ?
l'èvêque de laon (se redressant) Tu dis vrai, frère légat.
FRÈRE NORBERT
Eh bien, parle.