‹ La fin des dieuxChapitre 102 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

monies, se peupleront de fresques, les ponts et les stylobates se hérisseront de statues, nos Saints Sébastiens vaudront vos Hercules, nos Saintes Suzannes vos Nyssias, nos Madones seront plus troublantes que vos Vénus.

L'œil mystique de nos peintres évoquera les foules nimbées d'or de la Jérusalem céleste, et nos musiciens nous berceront l'âme sur des infinis de tendresse languide. L'Art ne se figera plus dans une formule hiératique, mère des décadences alexandrine, romaine ou byzantine, mais il évoluera largement, et ses transformations sans fin, écloses sous l'aile du christianisme, le prouveront plus vivace et plus sublime que l'idéal trop étroitement parfait de la civilisation antérieure.

TERPANDRE

Cet art, en tout cas, moine à sandales, tu ne le verras pas ! Va rejoindre tes frères le physicien et le théologue !

[Fra Serafîco tombe mort).

FRÈRE NORBERT

Bienheureux ceux qui souffrent la mort pour la gloire du Christ, parce que le royaume des cieux leur est ouvert !

Oroi qui restes immobile comme une statue dans ton grand manteau de pourpre, parce que ta voix ne s'est pas élevée contre ce triple assassinat, tu vas recevoir le prix de ton endurcissement î

TERPANDRE

Misérable moine, tu oses menacer ton maître !

(Il lève sa masse d'armes).

FRÈRE NORBERT

Silence, chien, fils de chien ! Silence, évêque renégat de ton Dieu, fécond seulement en blasphèmes, rouge du sang des martyrs, prédestiné pour l'éternelle damnation ! Silence, vous tous, mécréants ! Dieu s'est tessé de vous ouïr et l'heure de sa vengeance a sonné !

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