‹ La fin des dieuxChapitre 7 sur 130 · BERNARD · texte numérisé non relu

BERNARD

Thyonée, vierge céleste que du haut de ma galère j'ai tout d'abord distinguée au milieu de tes compagnes sur le rivage de l'île bienheureuse, comment pourrai-je me rendre digne de ton amour, ô timide étrangère qui m'as suivi en Occident ? Veux-tu que sous tes yeux je renverse un taureau noir de Camargue et le marque au jarret d'un fer rouge, que je cherche la Chèvre d'or dans les souterrains des Baux, que je te rapporte la peau hideuse de la Guivre du Gévaudan ? Parle-moi, ôma bien-aimée, car, sans ton amour, je périrai de langueur comme un aigle au bord d'un marécage.

THYONEE

0 beau chevalier franc, les vierges de chez nous n'exigent pas de travaux hérakléens des éphèbes qui les recherchent ; elle s'effarouchent des entrechocs d'armes, et leur préfèrent les jeux, et les chansons, et les danses harmonieuses qu'on voit passer au sommet des coteaux sur les crépuscules d'or.

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