Préface des Orientales
mental de L'esthétique romantique. Dès lors on comprend la définition de la préface d'Hernani : le romantisme, c'est la liberté dans Tari. En effet, si c'est la Vie toul entière qui s'offre à l'artiste, s'il n'y a plus de sujets défendus, il n'y a plus davantage de règles ni • le formes consacrées, puisqu'elles sont toutes, qu'elles le veuillent ou non. une limitation de la réalité. 11 n'y a plus que l'artiste en l'ace des choses, qui s'efforce, en toute conscience et selon son tempérament, d'harmoniser ses moyens finis avec leur infinité. C'était l'antipode du classicisme français du xvir siècle, et en même temps un retour à l'esthétique puissante et enthousiaste des grands créateurs de la Renaissance. Se replonger aux sources de la Vie, en faire sentir le grouillement multiforme, à côté de son épanouissement en des types uniques de beauté, tel apparaissait l'idéal. On se retrouvait en communion d'âme avec ces artistes laïques du xme siècle qui taisaient serpenter autour des chapiteaux des colonnes, comme à la cathédrale de Reims, la flore et la faune de la terre natale, en y mêlant des bètes fantastiques ' ; avec ce Dante, qui, dans sa Divine Comédie, semblait avoir épuisé tous les types du réel depuis la bestialité humaine jusqu'à la nature angélique et ne s'arrêtait que devant l'incompréhensible mystère; avec ce Raphaël lui-même, qui, dans ses fresques, donnait pour cadre à de nobles figures, des rinceaux étranges et touffus, où des légumes vulgaires *c mariaient à des fleurs et à des fruits B.
C'était encore le triomphe et la glorification de ce qu'il y a de plus primitif en nous, de plus voisin de la nature. De |;'i ce culte des ronia n t iques pour l'Enfant,
1. Cf. Viollet-Leduc, Dictionnaire d'architecture (art. Sculpture).