‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 51 sur 248 · La tragédie grecque, par la façon dont elle dispose ses · texte numérisé non relu

La tragédie grecque, par la façon dont elle dispose ses

gestes, par la vérité de la pantomime; en d'autres ternies — cl pour reprendre sa propre formule : « Appliquer à la pantomime les lois de la composition pittoresque ' ». Diderot voudrait voir Pylade essuyer la bouche d'Oreste, quand il tombe poursuivi par les Furies. Il imagine la scène de la mort de Socrate et groupe les personnages comme dans le testament d"Eudamidas du Poussin '-. Il va chercher des arguments jusque dans ce passage où Tite-Live : nous raconte comment, sur le théâtre de Home, la pantomime se sépara du chant ' Il y avait là certainement une intuition très vive de tout un côté de l'art dramatique des anciens, que personne jusque-là n'avait signalé avec cette clarté et cette insistance. Il est probable que Lessing, dans son Laocoon et dans sa Dramaturgie de Hambourg, ne fait que se souvenir de Diderot, lorsqu'il insiste sur le jeu des acteurs et qu'en de certains cas il recommande l'action pittoresque.

Il y a dans ces idées de Diderot sur les anciens une originalité singulièrement frappante. De tous ces critiques qui parlent du théâtre grec, de tous ces dramaturges qui l'imitent, c'est lui assurément qui l'a le mieux compris. Ce qui fait que ses idées n'ont pas été plus fécondes, c'en est d'abord la confusion. Il sème les aperçus un peu au hasard, la plupart du temps sous forme de digression. C'est ensuite que ses idées les plus hardies n'ont guère vu le jour que longtemps après sa mort : ainsi du Paradoxe sur le Comédien, qui

personnes et détermine leurs rapports, ressemble h un fronton où tout est disposé en vue d'un effet simple et frappant. » A. el M. Croise t, Histoire de la littérature grecque, III, p. 141.

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