‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 85 sur 248 · Lettre du i août · texte numérisé non relu

Lettre du i août

;uis après il écrivait au même l.ekain : » Puisque vous osez enfin observer le costume el étaler sur la scène une pompe convenable, soyez sur que votre spectacle acquerra nue grande supériorité ' >>. Mais ce soûl là des politesses : Voltaire est loin de l'enthousiasme de Diderot, qui disait dans sa dissertation De la poésie dramatique : « Une actrice courageuse vienl de se défaire du panier el personne ne l'a trouvé mauvais. Elle ira plus loin, j'en réponds. Ah! si elle osait un jour se montrer sur la scène avec toute la noblesse el la simplicité d'ajustemenl que ses rôles demandent, «lisons plus, dans le désordre où doit jeter la perle d'un iils el les autres catastrophes de la scène tragique, que deviendraient autour d'une femme échevelée toutes ces poupées frisées et pommadées? - »

l'eut -être au fond était-ce Voltaire qui avait raison : e"est tle la pompe — comme il disait — bien plus encore que de l'exactitude qu'il faut à la tragédie classique. Que ne dirait-il pas de la mise en scène actuelle, avec ses prétentions à la couleur locale! Il est probable qu'il protesterait contre la mesquinerie et la froideur de la décoration, et surtout la contradiction trop forte qu'il y a entre le costume el l'espril des rôles. Si au xviir' siècle on était choqué de l'invraisemblance des costumes, c'est qu'on voyait dans Andromaque et dans Chuta les Grecs et les Romains de l'histoire et non les héros de Corneille et de Racine. On ne pouvait donc pas comprendre qu'à ces êtres tout idéaux, il fallait également un costume idéal. Le seul ridicule était de jouer ces rôles avec l'habit de cour ou l'habit de ville, comme il arrivait trop fréquemment alors n. Mais je ne vois pas ce que « l'habit

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