‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 11 sur 281 · Diderot, De la poésie dramatique · texte numérisé non relu

Diderot, De la poésie dramatique

LA RENAISSANCE DE L.'lDÉE PAÏENNE. 9

l'homme naît. Qu'elle ne rougisse pas d'être mère, d'allaiter ses enfants, de les élever ; qu'elle renonce à ces € corps de jupe » qui gênent la respiration et qui rétrécissent les flancs. Pour un peu Rousseau lui recommanderait les exercices virils des jeunes filles de Sparte. En tout cas il faudra qu'elle puisse aider son frère et son mari : t Jeune homme, imprime à tes travaux la main de l'homme. Apprends à manier d'un bras vigoureux la hache, à équarrir une poutre, à monter sur un comble, à poser le faîte, à l'afTermir avec des jambes de force et d'entrait; puis crie à ta sœur do venir t'aider à ton ouvrage, comme elle te disait de travailler à son point-croisé ^ » — Ce qu'il importe surtout de remarquer, c'est que Rousseau n'a point créé ce mouvement en faveur des exercices physiques, non plus que le mouvement pédagogique, dont VÉmile n'a été en somme que la plus brillante expression. Déjà les médecins avaient réclamé les droits du corps, et, au lendemain de l'expulsion des Jésuites, on avait vu paraître une multitude de brochures et d'ouvrages sur l'éducation. Le Parlement avait consulté l'Université sur une nouvelle méthode : La Chalotais présentait un Essai d'éducation nationale^ Diderot lui-même collaborait avec le professeur Crevier * pour un ouvrage du même genre.

Mais en même temps que les soins du corps, on en réhabilitait aussi les instincts, qui sont bons en euxmêmes et ne se dépravent que par l'abus. Sans aller aussi loin que La Mettrie dans son Art de jouir ou dans sa Vénus métaphysique, on estimait pourtant que les sens

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