‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 139 sur 281 · Cf. Larousse, art. Roucher · texte numérisé non relu

Cf. Larousse, art. Roucher

i98 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L ANTIQUE.

commentaire : t J'éprouve en lisant certains morceaux de ses Églogues et de ses Gèorgiques un attendrissement qui ne se manifeste point, il est vrai*, par des larmes, mais qui peut-être en est plus doux parce qu'il me fait tomber dans une sorte de rêverie amoureuse *. »

Malheureusement la sécheresse et le prosaïsme de Roucher empêchent d'en citer seulement un morceau. Il est tout entier perdu comme Delille; mais là où il lui est vraiment très supérieur, c'est par la force du vers. Celui de Delille ne donne jamais l'impression de Virgile, même lorsqu'il en est traduit; il ne fait jamais songer à l'art, il est constamment flasque et énervé. Au contraire Roucher abonde en vers fortement musclés, qui rappellent la structure sévère et solide du vers latin :

Sa formidable main porte un large trident 2. Trésor que nous portons en des vases d'argile 3. Les peuples marcheront à sa vive lumière.

Ou ce que Sainte-Beuve appelle des vers t d'un seul jet» :

Les yeux demi fermés, il boit un long amour *.

L'Océan déploya jusqu'aux bornes des cieux^ Sa surface immobile, immense, solitaire.

Sa versification est aussi plus originale que celle de Delille, beaucoup moins monotone :

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