‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 258 sur 281 · Au fond c'est Homère vu à travers le Télémaque · texte numérisé non relu

Au fond c'est Homère vu à travers le Télémaque

4. Lamartinevraisemblablement n'a jamais lu Platon que dans la traduction de Cousin et sans doute il n'en a lu que les dialogues les plus connus : ses conversations avec son ami de Fréminville, qu'il appelle « son maître en Platon » (cf. Reyssié^

assez lointaine de génie, mais il n*a jamais eu la curiosité de les connaître intimement et encore moins le désir de les imiter de parti pris.

Hugo, malgré son amitié avec Sainte-Beuve, paraît avoir été tout aussi indépendant de l'influence de Chénier et de son école. Certainement il Ta lu de plus près : les épigraphes de ses Odes en font foi ; mais elles sont empruntées aux pièces les plus classiques du recueil de Latouche *. D'autre part les pièces antiquisantes, — le Repas It6re, le Chant de l'arène, le Chant du cirque, le Chant de fête de Néron, révèlent bien plutôt l'imitation des Martyrs que celle de V Aveugle ou du Mendiant : c'est une antiquité de pacotille, qui vise à la couleur locale et qui se contente d'oripeaux pittoresques pris au hasard des lectures et non, comme chez André Chénier, l'inspiration et la forme antiques étudiées patiemment à même les textes et reproduites par sympathie d'imagination et de tempérament. Encore faut-il faire exception pour le Chant de fête de Néron, où à côté d'un pittoresque déjà original, commence à s'affirmer ce dilettantisme décoratif, qui sera un des caractères du romantisme à sa seconde période.

Quant au style et à la versification de Chénier, Hugo, comme Lamartine, ne leur doit absolument rien. Ce moule laborieux était trop étroit, même pour leur imagination naissante. Ils n'étaient pas hommes à se con< sumer en de petites recherches d'expression, comme celles où se complaît l'auteur de l'fnvention. Le souffle lyrique, l'image éclatante et fougueuse, — on trouve déjà tout cela dans les Odes et c'était justement ce qui manquait le plus à Chénier pour être un grand poète :

op. cit., p. 353) et surtout sa grande imagination ont fait tout le reste.

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