‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 260 sur 281 · A la colonne · texte numérisé non relu

A la colonne

devaient faire bondir les classiques : de là vient la réputation de dureté qu'ils firent à Hugo, de même que plus tard Tharmonie nouvelle de Wagner passa pour un écorchement des oreilles.

Ainsi donc, la grande différence qu'il y a entre la versification de Hugo et celle de Chénier, c'est que celui-ci se préoccupait surtout des coupes, comme si elles étaient l'essentiel du vers, tandis que Hugo se rendait parfaitement compte que le vers est tout entier dans le rythme et dans la rime qui le renforce, et qu'en tout cas les coupes doivent être déterminées par le rythme et non par les nécessités du sens logique. On s'explique dès lors qu'avec un système aussi opposé, il n'ait pas prêté grande attention aux innovations de Chénier et même qu'il les ait condamnées. Peut-être pourrait-on alléguer qu'il s'est inspiré de lui dans les vers brisés de Cromivell\ mais l'influence de Népomucène Lemercier y est encore plus évidente *, — sans parler des exemples qu'il pouvait trouver dans les poètes classiques du xvii^ siècle, Molière ou Corneille, qu'il semble avoir beaucoup pratiqués alors. Ajoutons enfin que Chénier ne paraît pas l'avoir beaucoup préoccupé. Il ne le cite dans aucune de ses préfaces, — pas môme dans celle de CromwelL

n n'en est pas de même de Vigny et de Musset, dont le tempérament poétique avait plus de ressemblance avec celui d'André Chénier, — c Vigny soigneux et fin >, comme dit Sainte-Beuve, et Musset si habile au pastiche. Il importe pourtant de rappeler que Vigny, dans les éditions nouvelles de ses Poèmes antiques, leur a assigné une date antérieure à l'édition de Latouche, ou strictement contemporaine, — comme pour prévenir tout soupçon d'imitation. Mais Sainte-Beuve a

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