‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 44 sur 281 · Barthélémy, op. cit. (Introduction · texte numérisé non relu

Barthélémy, op. cit. (Introduction

au premier abord. En ce qui concerne FAcadémie des Inscriptions, ce qui ressort de cet exposé succinct de ses travaux, c'est qu'elle a eu constamment conscience de sa mission, qui était de maintenir en face de la culture moderne triomphante l'intérêt des études philologiques et historiques appliquées à l'antiquité. Une fois même, elle se crut obligée de défendre son institution, et l'un de ses membres, l'abbé du Resnel, lut une dissertation sur V Utilité des belles-lettres et sur r inconvénient du goût exclusif qui parait s'établir en faveur des mathématiques et de la physique *. C'était l'éternelle question des anciens et des modernes, qui enveloppe une question plus haute, celle de l'existence même de a littérature et des sciences morales. Mais elle ne se borna pas à se défendre : elle prêcha d'exemple. Par l'intérêt qu'elle continuait à attacher à des études passées de mode, elle inquiétait les modernes dans leur victoire. Elle s'obstinait à trouver qu'un Homère ou un Pindare étaient de très dignes sujets d'application pour un honnête homme.

Certainement son influence eût été plus considérable, si, par peur du pédantisme, on s'était moins défié d'elle. Depuis Boileau et Molière — les grands coupables en cela, — depuis leurs plaisanteries sur les Saumaise, les Chapelain et les Ménage, on tient absolument à se distinguer des gens d'école et d'érudition. D'ailleurs, avec la victoire, l'audace et la fatuité sont venues aux modernes, littérateurs ou gens du monde. Les Voltaire, les Marmontel, les Diderot sont convaincus qu'ils savent beaucoup mieux le latin que les grimauds de l'Université : Grimm écrit couramment qu'on ne le sait même plus à l'Académie des Inscriptions et qu'un simple abbé de cour comme l'abbé Galiani

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