‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 48 sur 281 · Essai sur la poésie épique, X, p · texte numérisé non relu

Essai sur la poésie épique, X, p

2. Voir en particulier le chapitre intitulé : De la poésie du style, t. 1, 290.

manquait d'une certaine naïveté et d'une certaine largeur de goût pour bien comprendre la poésie homérique. Mais toutes les critiques qu'il en a faites, si l'on y réfléchit bien, on verra qu'il était impossible qu'un pur lettré comme lui — je ne dis pas un véritable artiste ou un homme d'imagination — ne les fît pas à la date où nous sommes. Ce qu'il reproche à Homère, ce sont ses « absurdités », comme, par exemple, la scène de séduction entre Zeus et Héra *, ce sont ses « contradictions », ses longueurs dans le développement de sa fable, ses maladresses, ce qu'il appelle vraisemblablement ses « fautes grossières ^ ». Mais au fond étaitil possible de juger autrement (nous mettons à part l'esprit de dénigrement de Voltaire, ou sa manie de traiter légèrement les choses sérieuses), — à une époque où la mythologie comparée n'existait pas, où l'on ne voyait dans les mythes grecs qu'une constante et plate allégorie, ou un évhémérisme grossier comme l'abbé Bannier 3? Et pour ce qui est des contradictions et des maladresses d'Homère, le moyen de l'en disculper, si l'on admet l'unité de composition des poèmes homériques? Or nous sommes encore loin des Pi'olégomènes de Wolf. Sur tout cela — avec le respect traditionnel en plus — on ne jugeait guère autrement que Voltaire à l'Académie des Inscriptions ♦.

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