Considérations, chap. iv
404 FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L'anTIQUE.
à Athènes que vous allez, respectez les dieux* ». Il se distingue surtout en cela de ses contemporains *, qui justement avaient perdu le respect et la foi de l'antiquité. Ses dieuv, c'est Polybe, Salluste, Plutarque, Tacite, ou même ceux qui, comme Florus, ont eu, à défaut d'un talent plus haut, le sentiment de la grandeur romaine. Il les pratique assidûment, il lit leurs textes, comme alors on savait les lire. Un commerce comme celui-là devait l'incliner insensiblement k comprendre et à admettre l'âme antique tout entière. Il ne savait pas le grec', — du moins on peut le croire; mais ce qu'il a dit d'Homère prouve qu'il en avait une bien autre idée que Voltaire ♦. Il n'est pas jusqu'à la mythologie galante de son temps qui ne l'ait amusé, comme en témoignent son Temple de Guide et son Voyagea Paphos; et je ne sais pas pourquoi l'on s'en étonne et l'on s'en fâche. Cette mythologie « frisée et poudrée •* », comme toutes les vieilles élégances de l'ancien régime, a un charme à elle qu'il n'est pas bien difficile de retrouver ; et cette antiquité de boudoir et d'opéra devait encore plaire à Montesquieu, ne fût-ce que pour le reposer de l'autre.
Il écrivait dans la préface de V Esprit des Lois : « Quand j'ai été appelé à l'antiquité, «j'ai cherché à en prendre