‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique dans la seconde moitié duChapitre 68 sur 281 · Op. cit., chap. i · texte numérisé non relu

Op. cit., chap. i

Cette poésie de l'histoire, détachée de l'histoire ellemême et de Toeuvre de Montesquieu, flottante pour ainsi dire dans Fair, plus peut-être que toutes les idées de la critique ou de la philosophie, allait exalter les âmes vers Tantique. Rousseau va y ajouter encore, mais la fausser du même coup en y mêlant des rêveries romanesques et une rhétoriqueviolente et déclamatoire.

Avec son dédain de Tart et de la littérature, Rousseau ne s'est guère occupé des anciens en tant que littérateurs. Tout au plus s'en , inquiète-t-il comme précepteur et encore uniquement pour leurs qualités éducatrices : t En général, Emile prendra plus de goût pour les livres des Anciens que pour les nôtreSy par cela seul qu'étant les premiers, les anciens sont le plus près de la nature et que leur génie est plus à eux ». Est-il besoin de rappeler d'ailleurs que, malgré ses traductions de Tacite, il savait mal le latin, qu'il l'avait appris sur le tard et qu'il ignorait absolument le grec? Mais justement à cause de son goût pour la nature et pour une simplicité un peu fastueuse dans les mœurs et dans le costume, il devait se sentir attiré vers les anciens et chercher chez eux des modèles.

Rousseau aime les sites sauvages. On peut le considérer comme l'inventeur des jardins romantiques. C'est le jardin de Mme de Wolmar qui leur servira de modèle. Aussi aimera-t-il dans Homère cette description du jardin royal d'Alcinoûs, qui avait tant prêté à rire autrefois aux Perrault et aux Lamotte : « Telle est la description du jardin royal d'Alcinofts au VII® livre de ÏOdyssée, jardin dans lequel, à la honte de ce vieux rêveur d'Homère et des princes de ce temps, on ne voit ni treillages, ni statues, ni cascades, ni boulingrins * ». Voltaire avait déjà excusé la simplicité

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